Le projet de territoire

Méthode

La méthode

Des choix stratégiques
en coproduction

Préfigurer le projet métropolitain c’est d’abord se doter d’une méthode. Celle adoptée par la Mission est claire. Elle fait le choix délibéré de s’intéresser à un certain nombre de grandes questions stratégiques qui déterminent le devenir du territoire métropolitain et de ses habitants plutôt que de prétendre traiter l’exhaustivité des sujets. Elle les développe ensuite dans une large démarche de coproduction avec les acteurs du territoire. Un dialogue basé sur l’alliance connaissance/stratégie/propositions.

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La méthode de travail mise en œuvre depuis l’origine par la Mission met ainsi l’accent sur quelques problématiques déterminantes — mobilité, transition énergétique, rapport ville-nature, équité territoriale dans l’accès au logement, aux transports, à la formation… — soit parce qu’elles émergent aujourd’hui fortement soit parce qu’elles paraissent justifier d’une refonte radicale de leur approche. Les réflexions menées sont largement transversales, elles débordent le cadre habituel des visions compartimentées par thématiques ou par domaines d’action auxquelles sont souvent contraints les acteurs publics locaux du fait de l’organisation de leurs compétences.

 

La dynamique de la méthode proposée tient aussi largement à un principe fondamental, celui de la coproduction. La Mission, au nom de l’État, a choisi d’associer les acteurs de la société civile ainsi que les élus volontaires dans chacune des trois dimensions du processus d’élaboration du projet :

 

La connaissance des réalités métropolitaines

La définition de stratégies d’actions

La formulation de propositions à court, moyen et long termes

La méthode

4 orientations

Regarder autrement l’avenir d’Aix Marseille Provence Quatre orientations générales pour le projet métropolitain ont été posées par la Mission et mises en débat avec les élus et acteurs locaux. Formulées dans le Document de convergence stratégique 1 de juillet 2013, elles synthétisent une vision de « la métropole que nous voulons » fondée sur les réalités territoriales d’aujourd’hui « cette métropole qui nous rassemble ». Ces orientations ne prétendent pas résumer l’intégralité des dimensions du futur projet métropolitain. Elles expriment des visions d’avenir capables de fédérer les énergies.

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1ere orientation
« De la métropole de la diversité à la métropole des capacités »



La métropole pour tous et avec tous


La diversité des populations et des territoires se double dans la métropole de fortes inégalités face à l’emploi, au logement, à l’éducation, à la santé, à la culture ou encore à l’accès aux transports publics… Plutôt que de tenter en vain de les compenser, il est proposé de favoriser l’expression des capacités des métropolitains les plus défavorisés et des territoires dont ils sont issus en levant un certain nombre d’obstacles à leur évolution.

 

 


2e orientation
« De la métropole portuaire à la métropole ouverte à 360° »



La métropole ouverte sur la Méditerranée et sur l’Europe

 

Le port de Marseille est depuis deux millénaires un point central de l’activité du territoire, un moteur de ses échanges et de son attractivité. Il demeure pour la métropole un élément crucial du développement économique, mais n’est plus le seul à participer à l’ouverture internationale de la métropole. L’économie, la recherche, la culture, le sport et le tourisme, sont autant de facteurs de rayonnement. En s’ouvrant sur 360° la métropole interagit non seulement avec le bassin méditerranéen mais aussi avec l’Europe du nord et le reste du monde.

 

 

3e orientation
« De la métropole généreuse à la métropole durable »



La métropole respectueuse de ses territoires et ses ressources


Aix Marseille Provence bénéficie d’un environnement naturel exceptionnel des calanques aux massifs forestiers et de précieuses ressources, en eau en particulier. Cette abondance est menacée si elle n’est pas considérée comme un atout, y compris dans des logiques de développement urbain ou économique. Elle pourrait même constituer une opportunité de rapprochement et de cohérence entre les différents territoires et leurs populations.

 


 

4e orientation
« De la métropole de fait à la métropole organisée et reliée »



La métropole reliée par ses réseaux et ses services


Où que l’on habite dans la métropole on est amené à se déplacer pour travailler, faire des études, consommer, se faire soigner, se détendre… car la métropole est faite de villes, petites et grandes, de villages disséminés dans le territoire. Pourtant les réseaux et services de transports mais aussi les réseaux professionnels, sociaux, culturels demeurent insuffisamment connectés et efficaces. Pour que la métropole fonctionne mieux, au bénéfice individuel et collectif des métropolitains, le renforcement des liens et leur organisation sont essentiels.

La méthode

8 chantiers

Les quatre orientations définies permettent d’engager huit réflexions collectives dans lesquelles la société civile s’est fortement investie. Ces « chantiers » n’ont pas été conçus comme autant de démarches thématiques (environnement, transports, économie…) mais comme des interrogations plus globales : mobilité et accessibilité, ville/nature, cohésion sociale et territoriale, cultures d’innovation, transition énergétique, système logistique et portuaire, potentiels jeunesse, ingénierie métropolitaine. Si des sujets déterminants comme le logement, l’emploi, la culture… n’apparaissent pas nommément, ils sont, en revanche, inclus dans un ou plusieurs chantiers.

La méthode

21 propositions

Une concrétisation des réflexions Chaque chantier a, dans son domaine, posé des hypothèses stratégiques, c’est indispensable comme cadre de réflexion et d’action. Mais cela ne suffit pas. Celles-ci prennent tout leur intérêt lorsqu’elles se concrétisent en projets. Des projets qui, mis en cohérence à terme, formeront pour une part le projet métropolitain. 21 projets ont été formulés, trois par chantier (sauf ingénierie métropolitaine). Ils sont de nature et d’ampleur extrêmement différentes mais respectent une même exigence : être réalisable à court terme pour certains « à lancer tout de suite », à moyen terme « pour baliser le chemin » et à long termes pour d’autres, « une grande ambition à l’horizon »...

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Chantiers

8 chantiers

UNE MÊME RECHERCHE
DE PLUS-VALUE
MÉTROPOLITAINE

Tous les chantiers ont un même objectif, posé dans le Document de convergence stratégique 2 de décembre 2013 : faire ressortir la plus-value que représente une approche métropolitaine du territoire.

Une triple question se pose donc en permanence : comment, grâce à la métropole, faire plus, faire mieux ou faire autrement pour Aix Marseille Provence et ses populations?

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Concrètement chaque chantier réunit entre 50 et 80 participants — élus, entrepreneurs, représentants associatifs et syndicaux, acteurs éducatifs, sociaux et culturels — pour des échanges très libres animés par un chef de projet de la Mission interministérielle. La succession des réunions permet d’abord de partager les analyses des différents acteurs et leurs expériences de terrain, puis de dégager des stratégies et dans le même temps de formuler des projets à court, moyen et long termes. Ce déroulé de principe est identique dans tous les chantiers. Identique aussi, l’objectif de « plus-value métropolitaine ».

 

Tous les débats sont axés, en définitive, sur l’émergence de ce que la métropole pourrait apporter de positif dans tous les domaines de la vie locale aussi bien que de l’attractivité internationale. La « plus-value métropolitaine » passe, quel que soit le domaine considéré, par l’amplification et l’union des moyens (Faire plus), une meilleure coordination des actions entreprises (Faire mieux), un changement de modèle ou de méthode (Faire autrement).

 

C’est dans ces trois registres de plus-value que les chantiers s’attachent à classer leurs propositions. Bien que l’objet de chaque chantier soit déjà très large, nombreux sont les participants qui manifestent leur désir de s’ouvrir ou de s’articuler aux débats d’autres chantiers tant les questions traitées ont de multiples interactions. Ces croisements s’opèrent désormais dans le cadre de réunions plénières.

 

Mobilité et accessibilité

Mobilité et accessibilité

L’insuffisance et la discontinuité de l’offre de transports en commun sont actuellement un des problèmes les plus criants du territoire. Avec des conséquences directes sur la vie quotidienne de centaines de milliers d’habitants et de professionnels, sans parler du trafic automobile et de son impact sur l’environnement et la santé… De fait, plusieurs logiques — intercommunales, départementale, régionale — de transports coexistent, aux tarifs, aux services, aux compétences et aux réseaux distincts ! Le chantier s’est donné pour objectif non seulement de penser le développement et la cohérence de l’offre pour permettre une meilleure circulation au sein du territoire mais aussi de considérer les besoins actuels et futurs d’accessibilité des principaux points de la métropole.

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Vincent Fouchier

Directeur du projet métropolitain Aix-Marseille-Provence Responsable du chantier mobilité et accessibilité

Quel a été l’objectif des premières sessions du chantier mobilité et accessibilité ?

 

Nous nous sommes déjà réunis trois fois. Une des premières valeurs des chantiers, et notamment des premiers rendez-vous, c’est d’apprendre à se connaître. On y rapproche, en effet, des individus et des organismes qui, souvent, n’ont pas l’habitude de se parler, de se rencontrer. C’est donc l’occasion d’une « acclimatation » collective, l’une des premières valeurs ajoutées de notre chantier pour la future métropole.

On a pu ensuite commencer à y énoncer une méthode. Il n’est pas si naturel de travailler à cette échelle, avec des réseaux d’acteurs qui n’ont pas toujours les mêmes connaissances ou la même compréhension des enjeux. Par ailleurs, nous avons également dû nous adapter à une absence des autorités organisatrices des transports. Si quelques unes nous ont rejoint, le contexte politique n’a pas permis, jusqu’à maintenant, de toutes les avoir autour de la table. Tant que nous ne sommes pas au complet, nous souhaitons ne pas aller trop vite. En attendant nos portes resteront toujours ouvertes.

 

Comment fonctionne concrètement le chantier ?

 

C’est un système à tiroirs. D’abord, des assemblées plénières avec l’ensemble des acteurs souhaitant participer et ils sont très nombreux et divers. Puis, un petit comité de pilotage réunissant les instances les plus impliquées et concernées par la thématique du chantier : la Région qui va se voir attribuer le rôle de chef de file des transports dans les mois à venir dans le cadre de la nouvelle loi de décentralisation, des collectivités, en particulier MPM, les agences d’urbanisme du pays d’Aix et de l’agglomération marseillaise, également certains services de l’État experts sur les questions de transport ou encore la direction régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement. Pour finir, un grand témoin, Yves Cousquer, expert reconnu sur les grands projets (LGV, aéroport, port ...), qui nous accompagne sur les dimensions plus transversales de ce chantier. Ce comité de pilotage prépare à la fois les éléments de contenu présentés en séances plénières et met ensuite en discussion les sujets issus de ces dernières. Plusieurs groupes de travail, qui manient le moyen et le long terme, font en permanence de l’itération entre connaissance, stratégie et projet. L’objectif est de définir petit à petit des axes de travail et de progrès pour répondre aux enjeux de la métropole.

l’objet de la poursuite du chantier

Ne rencontrez-vous pas de difficultés à faire collaborer une telle diversité d’acteurs ?

 

Il y a une si forte attente sur la question de la mobilité que finalement tout le monde a envie de se retrousser les manches et d’aller dans le même sens. Certains sont dans l’expectative pour voir comment de manière personnelle ils vont pouvoir s’impliquer. Mais la nécessité de changer la donne est telle que l’on mobilise sans mal. On associe tous ces acteurs de manière à ce que la diversité des participations fasse progresser le collectif de façon inédite. En quelques mois, cela a permis, d’une part, de consolider les connaissances et de mieux comprendre les logiques de mobilité et, d’autre part, de faire réellement progresser les pistes de travail pour répondre aux enjeux de mobilité sur le territoire.

 

De quelle manière pensez-vous pouvoir répondre à ces enjeux ?

 

Il est clair que nous n’avons pas vocation à être exhaustifs.

Concrètement, nous avons décidé de porter trois projets emblématiques de la plus-value métropolitaine, un à chaque horizon temporel : des voies de bus sur autoroute pour maintenant ; des métro-corridors rendus plus performants à moyen terme ; le réaménagement de la gare Saint- Charles dans le long terme, même s’il n’est pas si lointain en fait. Les opérations de ce type sont tellement lourdes qu’elles nécessitent en réalité un tel temps de maturation, de financement et de réalisation concrète que les décisions doivent être prises dès à présent. Quelles que soient les temporalités de réalisation, nous sommes, de fait, obligés de décider vite. Nous entrons ainsi dans une phase d’approfondissement de la définition même et de la mise en oeuvre de ces projets longtemps restés au stade de l’intention. C’est pourquoi l’élargissement de la participation à l’ensemble des autorités de transport est nécessaire.

 

Qu’en est-il du financement de ces projets?

 

Un des groupes de travail, dirigé par Yves Cousquer, est dédié à ce sujet. Pour le moment, nous en sommes à un stade de consolidation des connaissances sur les coûts et les moyens disponibles. Progressivement, le groupe de travail va esquisser des propositions sur des modalités nouvelles de financement. Si l’on prépare le terrain de cette réflexion, à terme, on aura besoin que les collectivités et les AOT soient avec nous pour travailler. Il est indispensable pour la future institution de savoir le plus précisément possible de combien elle dispose pour pouvoir être rapidement en position d’arbitrer.

Ville / Nature

Ville/nature

Quand on évoque aujourd’hui « la ville » en parlant de la métropole il ne s’agit plus seulement des villes principales : Aix, Marseille, Salon, Aubagne, Martigues… il y a une multitude de villes de moindre taille et de villages qui grossissent au delà de leur centre ancien et s’étendent progressivement avec des lotissements de maisons individuelles ou des zones d’activités artisanales. Au total, « la ville » progresse chaque année toujours plus en grignotant de manière irréversible les espaces agricoles et naturels. Le phénomène, inquiétant, semble globalement incontrôlé. Le chantier veut donc proposer d’autres stratégies de développement urbain qui prendraient en compte les besoins de la population et des entreprises tout en valorisant les ressources naturelles et agricoles irremplaçables qui sont celles de la métropole.

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Le plein de ressources !

L’organisation de la pensée collective du projet métropolitain en huit chantiers a permis aux acteurs de la société civile de s’emparer d’enjeux majeurs tel le rapport ville-nature. L’espace ouvert comme espace potentiel de projet et de ressources s’est rapidement imposé comme un angle d’approche stimulant. Au terme des trois premières sessions consacrées à la biodiversité, à l’agriculture, à la qualité de l’air, les participants ont ressenti le besoin d’approfondir la question, devenue centrale des ressources. Biodiversité et continuités écologiques, agriculture et politiques alimentaires, ressources en eau terrestres et littorales, ressources foncières fondent donc les travaux de quatre groupes réunis à trois reprises d’ici septembre prochain. Tous ont adopté une grille d’analyse commune structurée autour de la préservation et de la gestion et mettant l’accent sur le potentiel de valorisation et de services rendus à la population.

« La démarche commune s’appuie une lecture hiérarchisée, délibérément sélective, note Marie Baduel, responsable aménagement et développement de la Mission interministérielle, des réalités métropolitaines et de l’action collective, publique notamment. Ensuite les principaux enjeux énoncés sont revisités au regard de la désormais traditionnelle trilogie métropolitaine du «  faire plus, faire mieux, faire autrement » avant que des secteurs potentiels de projet ne soient identifiés". Indispensable pour approfondir une thématique on sait aussi les limites des approches sectorielles. Les quatre groupes ressources sont ainsi appelés, au terme de leur exercice particulier, à opérer une synthèse. Cette vision métropolitaine de la question des ressources va se concrétiser dans un « carnet d’acteurs ». La publication, dédiée aux ressources, se veut non seulement une trace de la démarche collective et de ses aboutissements mais également une contribution à l’intervention des équipes de concepteurs de la prochaine consultation internationale. Les analyses de la documentation existante, les questionnements d’experts ainsi que les retours d’enquêtes de terrain formalisés par les acteurs, s’imposeront comme une base incontournable du dialogue avec les concepteurs mobilisés à cette occasion.

L’éclairage de...

L’éclairage de Corinne Podlejski, chef de Service Politiques Territoriales et Foncières au CEREMA (Centre d’études et d’expertises sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement), Aix en Provence.

 

Les travaux des groupes ressources sont destinés à alimenter ceux des équipes de concepteurs qui seront retenues à l'issue de la consultation urbaine internationale, action phare du chantier ville-nature dont le lancement est prévu en fin d'année, ainsi que les décideurs de la métropole.

 

Les groupes de travail sont animés par une équipe de deux, trois personnes référentes chargée de faire émerger, coordonner et  synthétiser les échanges, recueillir les illustrations, les données statistiques et cartographiques, ainsi que les propos d'acteurs interviewés.
L'ensemble des travaux est coordonné par la Mission interministérielle, l'AGAM et le CEREMA en lien avec la Mission interministérielle et doit être achevé en fin d'année. Des communications destinées à un large public sont également programmées sous la forme de « carnets d'acteurs » dans lesquels seront croisés réalités métropolitaines, potentiels et  opportunités nouvelles créées par le changement d'échelle.

Cohésion sociale et territoriale

Cohésion sociale et territoriale

Dans la métropole cohabitent des territoires et des populations prospères et d’autres très démunis. La métropole ne peut pas se désintéresser de la situation de ces derniers. Elle doit d’autant plus s’en préoccuper que ces quartiers ou secteurs défavorisés sont extrêmement dépendants du soutien apporté par les collectivités et que leur situation globalement ne s’améliore pas. Le chantier propose de réduire les inégalités fortes qui risquent de freiner de l’intérieur la dynamique métropolitaine en proposant aux personnes et aux territoires les moyens d’y contribuer eux aussi. Il faut pour cela lever les obstacles d’accès au logement, à la formation, à l’emploi. C’est-à-dire reconnecter les personnes et les quartiers à la métropole et à ses services en les rendant l’un et l’autre plus accessibles : par les transports, par l’adaptation de l’offre.

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OBJECTIFS

Démarré en septembre 2013, le chantier Cohésion sociale et territoriale  a, comme les sept autres démarches de coproduction de projet, structuré sa réflexion autour de trois objectifs concrétisant la plus-value métropolitaine :

 

  • Faire mieux 

Améliorer les conditions d’accès des personnes en difficulté aux dispositifs qui les soutiennent

 

  • Faire plus 

Réintégrer les territoires fragiles dans la dynamique de développement de la métropole

 

  • Faire autrement 

Passer de la compensation à la mise en capacité

 

Chef de chantier : Sandrine Dujardin

RÉUNIONS DU 24/12/13 et du 12/11/13

Les deux premières sessions ont été l’occasion pour les acteurs concernés par le chantier d’identifier, de définir, et de partager des priorités d’actions liées à la cohésion sociale sur le territoire d’Aix-Marseille-Provence, à travers une perspective et une conviction communes: l’amélioration des conditions de vie des personnes en difficulté ne sera effective et efficace qu’à travers un décloisonnement et une articulation de l’ensemble des domaines d’intervention: aménagement, transport, logement, emplois...

 

Trois axes de réflexions ont été formulés, à l’issue de ces deux réunions initiales :

 

- améliorer les conditions d’accès des personnes en difficulté aux dispositifs qui les soutiennent ;

 

- poser le défi de l’équité sociale de façon plus solidaire entre tous les territoires de la métropole ;

 

- prendre le pas sur la compensation des handicaps, pour privilégier une « mise en capacité » des acteurs, institutionnels ou non, des habitants, des initiatives et des énergies.  

 

RÉUNION DU 12/02/14

La troisième réunion a vu s’enclencher une phase de formulation de trois projets, pour certains déjà largement engagés :

 

- mise en œuvre d’un « fonds de quartier » à l’automne 2014, un fonds d’investissement dédié à l’entreprenariat dans les quartiers de la métropole qui pourra sélectionner chaque année 50 projets de création d’entreprise ou d’activités ;

 

- lancement en juillet 2014 d’une étude Cohésion sociale et territoriale, à différentes échelles spatiales (de la métropole aux quartiers) pour, d’une part, comprendre les processus de précarité et les caractéristiques des quartiers prioritaires, et d’autre part, construire une stratégie métropolitaine pour formuler des réponses coordonnées entre la politique de la ville, la rénovation urbaine, et les politiques de développement métropolitain (transports, logement, emploi...);

 

- établir un « diagnostic des capacités » avec les habitants eux-mêmes, en mettant en place une enquête participative auprès de ces derniers, pour mesurer et suivre les indicateurs des inégalités sociales et territoriales, et pouvoir se donner l’objectif de les corriger. Les premiers résultats sont attendus pour fin 2015.

« UNE LECTURE DE LA COHÉSION SOCIALE TERRITORIALE,
PLUS QUE GLOBALISANTE »

 À l’issue de la troisième réunion (12/02/14),
entretien avec Sandrine Dujardin, chef de projet du chantier 

 

 

Quel sens particulier donnez-vous au troisième chantier qui vient de se tenir ?

L’année passée a été largement consacrée au rapprochement de la diversité des acteurs concernés par les questions liées à la cohésion sociale, à l’explicitation des problématiques partagées. Désormais, l’échange se structure clairement autour de la formulation de projets. En termes de méthode, ce rapport au projet et au terrain n’est pas antinomique de la considération de l’échelle métropolitaine. Il permet justement de juger très concrètement d’une éventuelle plus-value en la matière. Cette question ne se pose pas en ces termes dans d’autres territoires métropolitains de l’Hexagone qui, de longue date, ont abordé leurs projets à cette échelle, dans des cadres institutionnels adaptés. Ce n’était pas le cas au sein d’Aix-Marseille-Provence où les établissements intercommunaux s’apprêtent seulement à fusionner.


Quelles priorités se dégagent à travers les projets évoqués ?

Le constat unanime est celui de l’éparpillement et du cloisonnement des dispositifs, des investissements et des acteurs. L’urgence est donc de se focaliser sur des priorités clairement définies et sortir des logiques de saupoudrage. Seules des approches convergentes articulant tous les domaines d’intervention peuvent s’avérer efficaces. La métropole peut ici apporter des réponses tant en termes de redistribution, avec une nouvelle fiscalité, que d’organisation de l’espace ou encore de services, pour que chacun puisse accéder aux ressources du territoire. Favoriser la mobilité, rapprocher le logement de l’emploi, ce sont des facteurs immédiats de cohésion sociale.

 

Comment les acteurs du champ social appréhendent-ils la perspective métropolitaine?

Il faut reconnaître que beaucoup d’entre eux souffrent de la dégradation générale de la situation. Un phénomène contre lequel ils luttent parfois depuis des décennies avec des moyens réduits. Alors la métropole apparaît comme un ultime espoir, mêlant aspirations et parfois scepticisme. À nous de construire, avec eux, une perspective de réflexion mobilisatrice.

 

Quelles sont les suites de ce processus de coproduction?

Après la validation des acquis des deux premiers chantiers, j’ai proposé aux participants de constituer deux groupes. Le premier, qui accueillera entre autres des représentants des observatoires locaux et des agences d’urbanisme, se consacrera à la connaissance des problématiques sociales, au recensement territorial des difficultés particulières, à la définition des enjeux globaux et spécifiques. Une enquête auprès de la population métropolitaine devrait être lancée dans les mois à venir pour consolider leur travail. Le second groupe se dédiera à l’analyse et à l’approfondissement des projets énoncés dans le Document d’Orientation Stratégique n°2 (un fonds de quartiers métropolitains, un « diagnostic des capacités » avec les habitants eux-mêmes ; un changement de cap pour les quartiers nord et le centre-ville de Marseille) auxquels s’ajouteront deux réflexions spécifiques : le sport dans ses dimensions multiples (emploi, formation, loisirs) et la gestion prévisionnelle de l’emploi et de la compétence.

Les deux groupes se réuniront au terme de leurs réflexions pour croiser leurs conclusions. Ils se nourriront également des apports d’autres chantiers comme celui de l’innovation. Cette notion de transversalité m’apparaît fondamentale car si la métropole contribue demain à l’inter-territorialité elle doit aussi s’affranchir des frontières entre les différents champs de connaissance, de compétence et d’action.

 

L’objectif ultime est de livrer aux futurs élus métropolitains un état des lieux partagé, synthétique, certes, mais pas globalisant. Une vision des enjeux clairement priorisés et territorialisés chaque fois que c’est nécessaire, jusqu’à l’échelle du quartier si elle s’avère significative.

ZOOM SUR L'ÉTUDE COHÉSION SOCIALE ET TERRITORIALE

Dans le cadre du chantier, la Mission interministérielle a lancé, en juillet 2014, une étude « Cohésion sociale et territoriale » pour tenter de comprendre les processus de précarité sur le territoire métropolitain, et mieux construire une stratégie métropolitaine de la cohésion sociale.

 

A l’aube de la nouvelle loi de programmation pour la ville et de cohésion urbaine, la perspective métropolitaine permet de réinscrire les territoires de la géographie prioritaire à la grande échelle territoriale, en cherchant à créer les conditions d’ouverture et de liens indispensables à la compensation des handicaps. L’enjeu de cohésion sociale et territoriale réside dans l’articulation des échelles, entre une politique métropolitaine et une politique des quartiers.

 

C’est dans cette perspective que s’inscrit l’étude Cohésion sociale et territoriale, qui sera conduite en deux temps : le premier devra permettre de définir une démarche intégrée de la Cohésion sociale et territoriale métropolitaine, articulant les différentes échelles des politiques publiques de l’aménagement du territoire et celles de la politique de la ville.  Il s’agira de passer au crible les territoires d’en décrypter les potentialités, et de proposer des stratégies urbaines...

Le second temps, plus territorialisé et plus opérationnel, s’attachera à réunir, sur la base de zooms territoriaux prédéfinis, de proposer des stratégies intégrées de requalification urbaine, d’accessibilité, de développement économique...

 

ÉTUDE COHÉSION SOCIALE ET TERRITORIALE

L’éclairage de Marie Lajus, Préfète déléguée pour l’égalité des chances auprès du Préfet de la région PACA sur l’étude Cohésion sociale et territoriale

 

 

Vous lancerez en septembre prochain une très importante étude sur la cohésion sociale et territoriale à l’échelle métropolitaine. Quelle est la situation actuelle en la matière ?

La métropole fait apparaître aujourd’hui de très fortes disparités sociales et des poches de précarité préoccupantes. On cite fréquemment les quartiers nord de Marseille mais il ne faut pas qu’ils occultent d’autres réalités comme, par exemple, le pourtour de l’étang de Berre, certains quartiers aixois ou le secteur de La Ciotat qui doit être surveillé.

L’étude s’organisera en deux phases. Une première phase sera consacrée à la question de la cohésion sociale et territoriale l’échelle de la métropole. A partir d’une démarche intégrée à la grande échelle, il s’agira de mieux comprendre les enjeux de la cohésion sociale et territoriale

 

Quels types de situations cette démarche est-elle susceptible de révéler ?

Il ne s’agit pas tant de révéler des situations inconnues — ce n’est pas le cas — que de se doter d’une vision à large spectre dans l’analyse de ces situations et s’assurer que l’ensemble des quartiers concernés pourront s’inscrire dans une dynamique globale de renouveau qu’il s’agit de construire à l’échelle métropolitaine. L’objectif que nous poursuivons avec la Mission interministérielle pour le projet métropolitain est donc de s’armer d’outils qui restreignent le risque de laisser à l’écart les zones particulièrement précaires ou de voir en émerger de nouvelles par des choix de développement inappropriés. L’étude s’attache à une approche intégrée dans la logique des enjeux des nouveaux contrats de ville qu’ils soient urbains, d’infrastructures, sociaux ou économiques.

 

Aujourd’hui, demeure une certaine parcellisation de la connaissance comme du pilotage. Il s’agit donc d’apporter aux collectivités territoriales, communes et intercommunalités, qui n’ont pas la capacité d’appréhender les situations dans toutes leurs dimensions des contenus et des ressources qu’elles puissent s’approprier dans la construction de leurs politiques publiques de réduction des inégalités. Et ce, de l’échelle de la proximité jusqu’à la grande échelle. Nous recherchons cette mise en cohérence à toutes les étapes du processus de l’élaboration du contrat de ville et de son calendrier.

 

Quel est en ces domaines l’apport essentiel de l’éclairage métropolitain ?

Incontestablement l’approche métropolitaine remet en perspective les politiques de rénovation urbaine. On échappe à la tentation de considérer les quartiers concernés comme des isolats comme cela a pu être le cas parfois dans le premier Programme national pour la rénovation urbaine (PNRU). On a observé la difficulté à inscrire les projets de réhabilitation dans un schéma de désenclavement dépassant la stricte échelle du lieu. Certains leviers de politique globale ont du coup été insuffisamment actionnés, je pense notamment à celui du développement économique. Il est désormais indispensable de le faire en profitant du potentiel de ces quartiers. Je pense au positionnement géographique de certains d’eux comme les quartiers nord de Marseille, au point de convergence de multiples dynamiques de développement, mais plus largement au potentiel humain. La charte « entreprises et quartiers » récemment signée par une cinquantaine d’entreprises locales démontre largement que celles-ci reconnaissent ce potentiel, par-delà le simple engagement sociétal, comme un atout véritable.

 

Comment les acteurs locaux de la cohésion sociale perçoivent-ils cette perspective métropolitaine ?

Tous les échanges auxquels j’ai pu participé au cours des derniers mois font ressortir une forte attente à l’égard de la construction métropolitaine. Nombre d’acteurs de la politique de la ville sont parfaitement conscients des limites des pratiques actuelles et voient clairement dans la métropole la réponse au besoin de contextualisation élargie des problématiques sociales et territoriales. Leur hyper-implication à l’échelle micro-locale n’est pas contradictoire avec l’élargissement du regard métropolitain, le décloisonnement, le passage à la grande échelle territoriale, l’élévation des ambitions… bien au contraire, cette complémentarité est revendiquée. 

Cultures d'innovation

Cultures d’innovation

Le classement Innovation Cities global index de 2013 le confirme, le territoire de la métropole est d’ores-et-déjà très performant en termes d’innovation au niveau européen dans des domaines comme la biotechnologie, l’immunologie, l’énergie, l’aéronautique… Dans un univers très concurrentiel cet atout est indispensable à l’activité économique et à l’emploi. Pourtant, beaucoup reste à faire pour développer des filières innovantes et constituer des « écosystèmes » où industrie, logistique, enseignement supérieur, recherche collaborent dans ce but. Le chantier se donne pour but de valoriser le tissu d’innovation existant, de l’accroître d’une part, et de le diversifier d’autre part. Car l’innovation concerne également l’évolution de la ville et de l’habitat, les dynamiques culturelles, l’organisation des loisirs… Une culture d’innovation tous azimuts.

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OBJECTIFS

Démarré en septembre 2013, le chantier Cultures d’innovation  a, comme les sept autres démarches de coproduction de projet, structuré sa réflexion autour de trois objectifs concrétisant la plus-value métropolitaine :

 

Faire mieux

à afficher la métropole innovante qu'est déjà Aix-Marseille-Provence Faire plus

Faire plus

à impulser de nouveaux champs d’innovation en appui sur les grands programmes incitatifs Faire autrement

Faire autrement

à Stimuler la culture de l’Innovation par l’émulation métropolitaine

 

 

 

Chef de chantier : Nicolas Frachon

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RÉUNION DU 24/09/2013

Ce premier rendez-vous en assemblée plénière a été l’occasion de présenter l’exercice de préfiguration, le jeu d’acteurs, les autres chantiers et d’amorcer la réflexion propre à Cultures d’innovation. La rencontre a ainsi permis de soumettre les principales problématiques du chantier, que son responsable, Nicolas Frachon, avait pu identifier au préalable et tester leur validité auprès de l’assemblée.

 

La promotion de la culture de l’innovation, le développement de l’innovation par les usages, l’accompagnement de la croissance des entreprises et filières innovantes sur les marchés d’avenir, l’offre foncière pour l’économie productive innovante, la métropole comme territoire d’excellence pour le numérique, la mise en place d’une gouvernance pour l’innovation ont fait l’objet d’un large consensus.

Parallèlement, le Conseil régional, partenaire naturel de ce chantier, a également inauguré la démarche avec une présentation de sa Stratégie Régionale d’Innovation et des hypothèses de métropolisation des Domaines d’Actions Stratégiques. Un cadrage essentiel pour assurer une bonne articulation entre la politique de la Région, chef de file sur la question du développement économique et de l’innovation, et les prémisses d’une politique métropolitaine de l’innovation. La Chambre de Commerces et d’Industrie de Marseille Provence a elle aussi ouvert le bal, en présentant une étude menée conjointement avec la Maison de l’emploi de Marseille sur la filière numérique en PACA. En faisant état d’un éclatement des activités numériques sur le territoire, avec la micro électronique à Rousset Peynier, la production de logiciels et de services à Aix-en-Provence, et celle de contenus à Marseille. Un exposé utile pour comprendre tout l’intérêt d’une stratégie métropolitaine de l’économie numérique.

 

RÉUNION DU 12/11/2013

Lors de ce deuxième rendez-vous, quatre groupes de travail ont été constitués pour traiter des huit grandes problématiques sur lesquelles les participants s’étaient entendus précédemment. Des premières propositions d’actions ont également été avancées:

 

• Le Groupe 1 rassemblé autour des enjeux « Promouvoir la culture de l’innovation », « Développer l'innovation par les usages », « Faire de la Métropole un territoire d'excellence pour le Numérique » s’est fixé comme objectif l’élaboration d’une réponse métropolitaine à l'appel à projets Quartiers Numériques et l’étude des conditions de création d'une École Transmédia.

• Le Groupe 2 « Accompagner la croissance des entreprises et filières innovantes sur les marchés d'avenir », « Favoriser la coopération internationale des acteurs de l'innovation » cherchera à cartographier les projets structurants du territoire

 

• Le Groupe 3 « Offrir des espaces d'activités adaptés pour l'économie productive innovante » doit analyser l’offre foncière existante dédiée à l’économie productive (hors services et commerces) et la mettre en perspective par rapport à la demande


• Le Groupe 4 « Consolider la connaissance globale de l'innovation à l'échelle métropolitaine » enfin va suivre une première étude pilotée par l'AGAM sur la géographie de l'innovation

 

Cette réunion plénière a également été l’occasion de porter à la connaissance de tous un élément de diagnostic fondamental pour la question de l’innovation : la saturation du foncier économique dédié à l’économie productive avec un taux d’occupation de 98 %. Le territoire est incapable de répondre aux demandes d’extension ou d’accueil d’activités. Pour changer la donne, il est donc apparu nécessaire d’anticiper en quantifiant et qualifiant, les besoins en foncier et immobilier d’entreprises des principales filières économiques de la métropole. L’objectif à terme pourrait être également d’étudier les conditions de constitution d’une nouvelle offre foncière.


Dans un deuxième temps, une démarche de benchmark autour du concept de Living Labs a été présentée, mettant en évidence l’intérêt de ces lieux pour développer les projets innovants. En effet, ces dispositifs permettent de tester auprès d’utilisateurs des services, produits, ou technologies, pour faciliter leur mise en service. Bien que le modèle opérationnel de ce type de structures soit encore mal maîtrisé, du fait de la pluralité des schémas de fonctionnement — certains sont conçus dans une logique publique avec des motivations essentiellement sociales, d’autres dans des logiques privées avec des motivations économiques — la Région va pouvoir aider à la constitution de ces tiers-lieux, grâce à l’expérience Pacalabs, mis en place depuis 2009. Ce dispositif régional de living labs a en effet permis de soutenir soixante projets de PME et d’accélérer ainsi la mise sur le marché de leurs productions ou concepts. Une expérience fort utile pour commencer à concevoir un réseau métropolitain de living labs. D’autant que la Région souligne l’avantage des appuis métropolitains dans le cas des projets toulonnais ou niçois.

 

 

RÉUNION DU 12/02/2014

Après la phase exploratoire des précédentes réunions, énonçant méthodes, enjeux, problématiques et groupes de travail, la troisième réunion plénière a précisé la feuille de route du chantier, en actant les trois grands objectifs du chantier et les travaux à lancer.
 

Faire mieux

à Afficher la métropole innovante qu'est déjà Aix-Marseille-Provence en mettant rapidement en lumière les innovations et les innovateurs de ce territoire
 

•  la création des sites d’expérimentation et de lieux ouverts à l’hybridation

 

Faire plus

à Autour des grands programmes incitatifs, nationaux et régionaux, impulser de nouveaux champs d’innovation et renforcer des actions existantes

•  la mise en place de techno-campus industriels durables et l’étude de l’offre foncière et immobilière de demain 

Faire autrement

à Stimuler la culture de l'innovation par l’émulation métropolitaine en multipliant les rencontres entre communautés d’acteurs, entre milieux disciplinaires différents, en  développant l’innovation par les usages avec  plusieurs terrains d’expérimentation.


•  la modélisation du projet Henri Fabre, pour reproduire des écosystèmes performants sur les marchés d’avenir


Pour 2014,  le travail du chantier se poursuivra donc autour de ces trois axes de travail, en particulier avec l’aide des groupes de travail correspondants définis lors de la deuxième plénière. Pour autant, le chantier ne perdra pas de vue la dimension de la connaissance, prise en charge par le groupe de travail 4 et co-animé par l’Agam et Méditérannée Technologies, avec en ligne de mire l’élaboration d’un diagnostic métropolitain de l’innovation. À ce titre, une première présentation des dernières données a été faite par l’Observatoire régional de l’innovation. Il ressort de cette analyse une première caractérisation des entreprises innovantes : un important tissu de structures très petites en général mais fortement internationalisées, une répartition territoriale en réseaux plus que des concentrations en cluster, mais surtout un manque de capitaux pour se développer. D’où la nécessité dans une perspective métropolitaine de soutenir la création de structures intermédiaires plus facilement capitalisées.


Outre ces éléments de connaissance, les deux projets phares du chantier — Henri Fabre et French Tech ont été présentés, afin de rendre plus concrète encore la démarche. Ces projets, le premier dans le domaine de l’aéronautique, le second dans le numérique, illustrent parfaitement le potentiel que représentent des systèmes d’acteurs métropolitains.
 

ET DEPUIS...

Au terme d’une première phase de réflexion, le groupe de travail 1, intéressé aux questions d’images et de promotion de la destination Aix-Marseille-Provence comme territoire d’innovations, a d’ores et déjà élaboré un plan d’actions échelonné de septembre 2014 à juin 2015, prévoyant notamment :

• le lancement d’un ou plusieurs concours d’innovation

• l’organisation d’expositions et de conférences

• la mise en œuvre d’expérimentations dans plusieurs domaines d’activités tels que la e-santé, l’éclairage public ou encore la mobilité

• la création de lieux ouverts à l’expérimentation

• la construction d’une réponse métropolitaine à l’appel à projet national French Tech

 

Croisant sa démarche avec celle du chantier Systèmes logistiques et portuaires, concerné tout autant par les difficultés d’accueil des entreprises de l’économie productive (les activités qui produisent des biens de consommation, à l’inverse de l’économie de services), le deuxième groupe de travail a annoncé le lancement d’un état des lieux précis du marché de l'immobilier et du foncier dédié à l'économie productive ainsi qu'une vision prospective de la demande à dix ans. Menée en partenariat avec la Caisse des Dépôts, la Chambre de Commerce et l’Etablissement Public Foncier PACA, l’étude devrait débuter à l’automne 2014.

 

Le troisième groupe de travail a, quant à lui, réfléchi à l’accompagnement et au développement des grands projets industriels et d'innovation de la métropole, en articulation avec les politiques structurelles européennes, étatiques et régionales. Dans cette perspective, il doit prochainement déterminer, avec l’accord du Conseil régional, les projets industriels dont il serait pertinent d'analyser l'ancrage métropolitain (analyse du système d’acteurs, des infrastructures, des équipements et des services qui contribuent au développement de ces projets, étude d’un panel d’entreprises métropolitaines sur leurs visions des grands projets industriels, proposition des conditions d’une animation métropolitaine sur les grands projets industriels).

 

 

 

Transition énérgétique

Transition énergétique

La prise de conscience des impacts environnementaux d’une consommation énergétique excessive de notre société est maintenant générale. La réponse ? La transition énergétique. Une démarche mondiale qui recherche la valorisation des ressources naturelles, la réduction des coûts, l’amélioration des conditions de vie dans un autre rapport à l’énergie. À l’échelle d’une métropole aujourd’hui très gourmande dans ce domaine des actions concrètes dans le domaine de l’habitat, des transports, de l’industrie ou de l’organisation des opérateurs peuvent être envisagées. Elle en a même le devoir car la transition fait désormais partie de ses compétences ! À très court terme, car il y a urgence climatique, à très long terme car plusieurs générations seront nécessaires à la mutation engagée.

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Stratégie énergétique,
la métropole aussi

Entretien avec Cyril Madar, chef de projet du chantier Transition énergétique, Mission interministérielle

 

>>> Quel sens particulier donnez-vous à la transition énergétique par rapport au projet métropolitain ?

La stratégie énergétique envisagée à l’échelle de la métropole comprend des orientations visant tout à la fois l’amélioration de la performance énergétique des bâtiments, la promotion des énergies renouvelables et le soutien aux filières émergentes associées telles que l’éolien flottant, ou encore le déploiement d’innovations technologiques, à travers l’accueil d’expérimentations, comme l’écologie industrielle.

Elle s’emploie en même temps à prendre en compte ou à tirer parti des spécificités locales. Ainsi, en est-il de la question du confort d’été des bâtiments, de la valorisation du potentiel d’énergies renouvelables, ou encore de l’existence de zones industrielles et résidentielles fortement consommatrices.

La transition énergétique n’est pas un domaine clos. Cette préoccupation contribue à repenser d’autres politiques publiques, d’où un traitement conjoint de certaines thématiques d’autres chantiers : mobilité électrique, gestion concertée du foncier pour limiter les conflits d’usage, réhabilitation des quartiers dégradés...

 

>>> En matière énergétique comment se situe le territoire métropolitain ? Plutôt économe, plutôt dépensier ?

La consommation finale de la métropole, exprimée en énergie primaire, s’est élevée en 2010 à 6 tonnes d’équivalent pétrole (tep) par habitant et par an. À titre de comparaison, la consommation nationale était de l’ordre de 4 tep par habitant et par an ! Un peu plus de la moitié de la consommation d’énergie dans la région PACA est imputable au territoire métropolitain, qui n’abrite pourtant qu’un peu plus du tiers de la population régionale. Ce constat doit toutefois être nuancé par le poids de l’industrie dans la consommation énergétique : il est de 63% à l’échelle de la métropole, contre 40% en PACA et 21% en France. La ventilation de cette consommation par secteur géographique est sensiblement différente d’une partie à l’autre du territoire : très élevée autour de l’étang de Berre, elle se rapproche de son niveau régional sur la communauté urbaine de Marseille et de sa valeur pour l’ensemble de la France sur la communauté d’agglomération d’Aix. Elle est, au contraire, très faible sur le secteur d’Aubagne.

Ces rapports inversés témoignent du caractère très énergivore de l’industrie métropolitaine, une situation logique, compte tenu de la typologie des activités prépondérantes. Le territoire métropolitain n’est, ainsi, pas fondamentalement moins bien positionné que le reste de la région, si l’on tient compte de la spécificité de son tissu économique, dont les productions industrielles les plus consommatrices s’adressent à un marché dépassant largement ses frontières. En revanche, au niveau du taux de couverture des besoins, le bilan est nettement moins favorable. La production, exprimée en énergie primaire, n’était que de 700ktep/an soit à peine 6% de la consommation. Ce déséquilibre s’observe sur l’ensemble de la région PACA, puisque production et consommation métropolitaines s’établissent respectivement à 45% et 53% de leur niveau régional, soit un écart somme toute limité. La part des énergies renouvelables dans la production est importante, de l’ordre du tiers, mais elle est faible rapportée à la consommation, dépassant à peine les 2% : le grand hydraulique et la combustion du bois arrivent largement en tête.

 

>>> À l’heure où les structures et plans de gestion de l’énergie se multiplient, quels pourraient être le rôle et les instruments particuliers de la métropole ?

La loi de modernisation de l’action publique et d’affirmation des métropoles attribue à ces dernières une compétence générale de contribution à la transition énergétique sur leur territoire. Le rôle de la métropole, que la mission interministérielle souhaite accompagner, est d’abord de définir les objectifs d’une politique de transition énergétique. La territorialisation des documents de cadrage d’échelle géographique supérieure (notamment régionaux) nécessitera une évaluation précise des gisements d’économie et de production d’énergie, et donc un approfondissement de la connaissance actuelle des potentialités de l’aire. La mise en place de partenariats avec des structures d’observation et le recueil de données seront, dans cette perspective, nécessaires. Il s’agira ensuite d’élaborer une proposition de stratégie de mix énergétique et de réduction des consommations. Des mesures appropriées seront conçues en fonction des freins et leviers pertinents, mais aussi des atouts du territoire. Aux premiers rangs d’entre eux, on notera un positionnement historique sur le segment des énergies et un important vivier d’organismes de recherche et d’entreprises innovantes. L’action de la métropole devra s’articuler avec celle des autres organismes publics. Pragmatique, elle empruntera des formes probablement différentes selon la thématique envisagée, de la création d’espaces de dialogue entre acteurs jusqu’à la constitution d’opérateurs dotés de capacités d’expertise et d’intervention.

Système logistique et portuaire

Système logistique et portuaire

Des flux de marchandises internes à la métropole mais aussi internationaux traversent le territoire d’Aix Marseille Provence ou en partent en tous sens par la route, le fer, le fleuve, ou la mer, le port de Marseille demeurant l’épicentre de cette activité. Ils empruntent souvent les mêmes trajectoires pénalisant l’efficacité des transports autant que l’environnement. Le chantier ouvre donc une réflexion associant autour de nombreux acteurs du port et de la logistique mais plus largement de la production et du transport pour aborder concrètement la rationalisation et la fluidification d’un système très complexe aux dimensions locales, nationales et internationales. Il y est autant question des infrastructures et des modes de transport que de leurs connexion aux espaces d’activité économique, qu’elle soit commerciale ou industrielle, de l’hinterland.

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OBJECTIFS

Démarré en juillet 2013, le chantier Systèmes logistiques et portuaires a, comme les sept autres démarches de coproduction de projet, structuré sa réflexion autour de trois objectifs concrétisant la plus-value métropolitaine :

Faire mieux
Faire de la logistique un levier pour l’emploi

Faire plus
Articuler les chaînes logistiques sur le territoire

Faire autrement
Positionner le territoire métropolitain en tant que plateforme logistique, industrielle et portuaire de dimension mondiale


Chef de chantier : Frédéric Dagnet

RÉUNION DU 26/09/14

Après la nécessaire phase de présentation de la démarche globale, la première réunion a débuté par un pré-diagnostic établi par l’AGAM. Il est apparu que si la filière logistique était affectée par la crise, elle continuait à constituer une part importante de l’emploi métropolitain ainsi qu’à créer une masse d’emplois significative pour le territoire. Par ailleurs, l’étude a permis de localiser précisément les emplois de la filière répartis entre la logistique pure, notamment l’entreposage, à l’ouest et les transports maritimes et fluviaux sur les secteurs de Marseille Provence Métropole et du Pays de Martigues. L’emploi portuaire semble également réparti sur l’ensemble de la métropole tandis que celui lié à la logistique terrestre connaît une forte progression au niveau de la région de l’Étang de Berre.

 

Le diagnostic a souligné par la suite la puissante architecture du système logistique en relation avec son positionnement de porte d’entrée sud de l’Europe. Grâce à son réseau d’infrastructures quadri modal, ses six plateformes logistiques d’approvisionnement interrégionales et ses quatre chantiers de transport combiné, la logistique métropolitaine est de fait de trois types :

 

- transcontinentale (flux import/export)

- de mise en marché (flux inter-urbains)

- du dernier kilomètre (flux urbains)

 

Cette première présentation a permis d’engager un débat riche et d’esquisser de premières propositions. Il est apparu d’ores-et-déjà nécessaire d’aborder la question de la plus-value métropolitaine pour chacune de trois types de logistique ainsi que celle de leur articulation. Au-delà de ce premier enjeu, quatre autres enjeux fondamentaux ont été identifiés :

 

- enrichir l’état de la connaissance sur la question logistique

- penser le rayonnement de la métropole comme pôle portuaire et logistique à l’échelle internationale

- considérer l’organisation de la logistique urbaine

- s’orienter vers une logistique durable à partir de l’optimisation des dessertes, du report modal, du foncier et du capital humain

 

Pour y répondre, trois thèmes transversaux seront développés en groupes de travail :

- zoom sur le foncier d’activités en lien avec le chantier Innovation

- problématiques de l’emploi et des qualifications

- articulation des chaînes multimodales sur le territoire métropolitain avec un focus sur le fret ferroviaire

 

Enfin, et à plus long terme, le chantier s’est donné pour finalité l’élaboration d’une stratégie logistique métropolitaine traduite dans un schéma d’organisation logistique métropolitain et la conception d’une stratégie de desserte de la métropole qui prendrait appui sur un observatoire logistique métropolitain.

 

RÉUNION DU 05/11/14

Ce deuxième rendez-vous a fait état des premières avancées des trois groupes de travail constitués lors de la première réunion.

 

Le groupe de travail « logistique et emploi » a ainsi affiché sa volonté de se concentrer sur l’analyse des retombées de l’emploi pour chacun des types de logistique (portuaire, distribution, urbaine). Des premières pistes ont été dessinées telles que la création d’un guichet unique du service public de l’emploi et des acteurs de la filière logistique pour mieux mettre en relation l’offre et la demande d’emplois sur le territoire. La pertinence de l’échelle métropolitaine a été soulignée, pour répondre notamment à des situations paradoxales. Ainsi, par exemple, celle de l’accessibilité pour les salariés des plateformes logistiques. 

Situées à l’ouest alors que les bassins d’emplois se situent à l’est, elles ne sont pas desservies  par le réseau de transport public et le réseau routier est saturé. Ou encore celle de la pénurie de main-d’œuvre dans certains secteurs où le chômage des jeunes est très important.

 

Le groupe de travail « Chaînes multimodales et mode ferroviaire » s’est accordé sur l’intérêt de travailler concomitamment une planification à l’échelle métropolitaine et infra-métropolitaine. Et ainsi penser la connexion de la métropole avec l’extérieur via le développement d’une plateforme ferroviaire à l’ouest de la métropole, articulée avec les moyens existants de desserte. Mais, aussi, l’organisation de la desserte ferroviaire et de la collecte du fret à l’échelle infra-métropolitaine pour mutualiser les installations et générer le volume nécessaire. 

Le besoin de la puissance publique pour accompagner le redémarrage du fret ferroviaire est mis en exergue en raison du coût des infrastructures et des services, de même que la nécessité d’un schéma structuré des plateformes de transport combiné. Le groupe de travail souligne enfin l’urgence à lancer des études pour la réalisation du terminal de transport combiné de Mourepiane.

 

Enfin, de son côté, le groupe de travail « Foncier économique » a lui aussi livré ses premières conclusions, notamment l’intérêt d’une mutualisation de ses travaux avec le chantier Cultures d’innovation, en particulier sur la question de la place laissée à l’économie productive toujours en difficulté face à la concurrence du commerce ou des logements. Tous les participants se sont mis d’accord pour faire de la requalification des anciennes zones d’activités une priorité, afin de retrouver du foncier disponible. 

Dans cette perspective, le groupe de travail a même proposé de lancer une démarche test de requalification sur une à deux zones. A minima, chacun a appelé de ses vœux la mise en place d’un observatoire du foncier et de son suivi.

 

RÉUNION DU 05/02/2014

Faisant suite à la seconde conférence métropolitaine, cette troisième plénière a permis de resituer le chantier Système logistiques et portuaires dans la dynamique globale du projet métropolitain : vote de la loi MAPAM, bilan de la conférence, avancées des chantiers… Mais aussi de rappeler les passerelles possibles et les sujets communs avec les autres chantiers.

 

Outre le groupe de travail lancé conjointement avec le chantier Cultures d’Innovation sur le foncier économique, il a été rappelé l’importance de se rapprocher du chantier Jeunesse pour accompagner notamment les jeunes vers la logistique urbaine. Le potentiel serait de 20 000 emplois sur le territoire. L’accessibilité des zones logistiques en navettes, ainsi que les Plans de Déplacements Entreprises devront être étudiés de concert avec le chantier Mobilité et accessibilité, les nouvelles filières industrielles et l’écologie industrielle avec le chantier Transition énergétique, ou encore la création d’une opération d’intérêt écologique et économique (OIEE) à l’ouest de la métropole avec le chantier Ville/Nature. Ce dernier projet passera par une étude préalable avant l’implantation d’industries ou de zones logistiques.

 

Issus des premières réflexions partagées lors des plénières et des groupes de travail, les objectifs et les projets prioritaires, retenus au titre du chantier, dans le deuxième document d’orientation stratégique La métropole en marche : les chantiers du projet d’Aix-Marseille-Provence ont ainsi été réaffirmés :

 

Les objectifs


 Faire de la logistique un levier pour l’emploi


Articuler les chaînes logistiques sur le territoire


Positionner le territoire métropolitain en tant que plateforme logistique, industrielle et portuaire de dimension mondiale



Les projets

À court terme : développer la plateforme de transport combiné de Mourepiane, objet métropolitain par excellence
 

À moyen terme : mettre en oeuvre le projet « ZIP de Fos attractive » et finir son aménagement pour la rendre plus performante
 

À long terme : une stratégie logistique métropolitaine ambitieuse qui ouvre des pistes, appropriée par les élus qui la mettent en oeuvre. La logistique est un secteur stratégique en termes d’aménagement, de connexion et de valorisation des réseaux.

 

 

Dans un troisième temps, une étude prospective sur le trafic des conteneurs de Marseille-Fos a été présentée mettant en lumière plusieurs éléments de diagnostics riches d’enseignements pour le port métropolitain, tels que le faible recours de Marseille-Fos aux modes alternatifs à la route, le handicap structurel du réseau ferroviaire en lien avec l’éclatement des sites desservis et la faiblesse du transport combiné en termes de sillons et de fréquence. L’étude a posé également quelques objectifs indispensables au bon développement de Marseille-Fos : massifier au maximum les flux terrestres, limiter les coûts directs et indirects ou encore accroître l’offre maritime. De plus, l’étude formule trois grandes recommandations au GPMM pour soutenir son développement :

 

- dans le domaine ferroviaire, l’extension des capacités d’accueil par une offre compétitive du foncier et l’amélioration du transport combiné avec notamment le développement d’un nouveau terminal de transport combiné dans la ZIP de Fos;

 

- dans le domaine fluvial, l’étude d’un nouveau terminal fluvial;

 

- dans le domaine maritime, le reclassement du port de Marseille-Fos auprès des grands acteurs du transport maritime, la distinction de l’offre portuaire de Fos et de Marseille, le développement des partenariats portuaires.

LOGISTIQUE, AU-DELÀ DU FRET

A l'issue du 3e chantier (05/02/14), entretien avec Frédéric Dagnet, chef de projet du chantier système logistique et portuaire

 

Les réflexions du chantier que vous animez distinguent une logistique interne et une externe. Quels sont leurs liens ?

Il y a effectivement des flux, de marchandises notamment, au sein de la métropole mais aussi au départ ou en direction de celle-ci. Par définition, ils ne couvrent pas les mêmes distances, mais ils empruntent les mêmes infrastructures ou recourent aux mêmes services. Il est essentiel de les considérer ensemble pour penser la performance de la logistique métropolitaine. Mais il faut déjà approfondir notre connaissance — les données statistiques sont aujourd’hui incomplètes et surtout par mode de transport— pour  mieux qualifier les trafics maritimes, routiers, ferroviaires et appréhender leurs articulations. Là est l’enjeu premier pour penser une économie logistique métropolitaine.

 

Comment construisez-vous cette connaissance ?

Les participants au chantier s’attachent, avec le soutien du Cluster PACA Logistique, de l’Agam (Agence d’urbanisme de Marseille), de la CCIMP (Chambre de Commerce et d’Instruction), de MDE (Maison de l’emploi) et des services de l’État à une approche précise et large à la fois. Il y a bien sûr les questions d’optimisation des flux, de décongestion des axes mais aussi d’accessibilité et de besoins territoriaux, de diminution de l’impact environnemental avec l’enjeu de limiter les camions sur les routes… L’objectif ultime est la fluidité du transport métropolitain de l’international jusqu’à l’urbain avec la « logistique du dernier kilomètre ». C’est pourquoi le chantier s’intitule « système logistique et portuaire » et non « transport de fret ». Cette globalisation est d’autant plus nécessaire que l’univers industriel et portuaire est en pleine reconfiguration avec des implications en termes de localisation et une nouvelle prise en compte des écosystèmes industriels et de leurs interrelations.

 

Par delà la connaissance, quel peut être l’apport métropolitain ?

Les acteurs réunis ont pour objectif commun de proposer aux élus métropolitains une vision stratégique à partir de laquelle ils pourront opérer des choix majeurs. Par exemple, par rapport aux chantiers de transport combiné fer-route. Si aujourd’hui voies maritime et fluviale s’articulent parfaitement à Fos, ce n’est pas le cas pour les modes terrestres. L’institution métropolitaine devra contribuer à faire émerger un consensus quant à l’implantation des infrastructures majeures du transport combiné sur le territoire en lien avec les opportunités offertes par la politique européenne de corridors de fret.

 

Quel est potentiellement le poids de l’emploi logistique ?

Le secteur logistique et transport de fret représente 56 000 emplois sur la métropole (à rapporter aux 735 000 emplois décomptés par l’INSEE sur le même périmètre). C’est donc un secteur significatif de l’économie du territoire. Mais ce sont les potentiels de création de nouveaux emplois mis en avant par ce chantier qui sont marquants : près de 20 000 emplois supplémentaires pourraient être générés à terme (entre 10 et 20 ans) par les développements projetés sur les trafics portuaires de conteneurs et les nouvelles implantations industrielles logistiques et énergétiques sur le port.

Potentiels jeunesse

Potentiels jeunesse

Il est difficile de parler de l’avenir d’un territoire sans se préoccuper de sa jeunesse. Celle de la métropole, très présente dans la population, est confrontée à de sérieuses difficultés pour accéder à l’éducation, la formation à l’emploi ou encore au logement, à la culture, à la santé, aux loisirs… Le chantier veut inverser le regard que la société tend parfois à porter sur les jeunes pour les considérer positivement comme une des bases de la dynamique métropolitaine. Plutôt que de les voir comme les témoins passifs de cette évolution qui les concerne directement, le chantier s’est donné comme priorité d’en faire les principaux acteurs. C’est avec eux que peut se structurer concrètement un environnement de vie qui les aide à s’épanouir à leur profit comme à celui de la métropole tout entière.

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OBJECTIFS

Lancé le 29 avril, quelques mois après ses homologues car, de fait plus complexe dans son organisation, le chantier jeunesse va s’attacher à explorer les chemins d’une métropole plus porteuse pour les nouvelles générations. Il distinguera également le potentiel que représente la jeunesse pour cet espace en devenir.

Le chantier Potentiels Jeunesse a, comme les sept autres démarches de coproduction de projet, structuré sa réflexion autour de trois objectifs concrétisant la plus-value métropolitaine :

 

Faire mieux

Identifier et coordonner les dispositifs dédiés au public jeune

 

Faire plus

Interpeller l’objectif jeune de tous les champs de la métropole

 

Faire autrement

Rendre les jeunes acteurs de leur métropole

 

 

Chef de chantier : Sandrine Dujardin

RÉUNION DU 06/04/14

À la croisée de tous les chantiers, Potentiels Jeunesse se distingue en associant des problématiques très larges, susceptibles d’interagir avec celles des autres chantiers et sans doute plus que ceux-ci. Parce qu’il interroge l’avenir de la métropole avec ceux qui l’incarnent, ce chantier est le projet des projets. Il est aussi le plus complexe à mettre en œuvre, la raison de son lancement différé. La première assemblée plénière,  tenue en mai 2014, a permis de réaffirmer les problèmes majeurs auxquels sont confrontés les jeunes métropolitains : inégalités territoriales en matière de formation et de diplômes, chômage hors normes, difficultés à prendre son indépendance, à disposer de son propre logement, à se déplacer tout simplement …

Trois principaux projets en découlent :

 

  • la création d’un réseau d’initiative jeunesse : mise en réseau de lieux de tous types (collèges, lycées, missions locales emplois, espaces culturels…) dans lesquels ont été identifiées des possibilités de développer des initiatives et des idées proposées par les jeunes; 
  • le « bouquet de projets » adapté aux publics jeunes : la reprise des différentes réflexions des chantiers métropolitains mais considérées spécifiquement par rapport à la jeunesse, comme par exemple un tarif jeunes pour un billet unique du futur réseau de transports métropolitain; 
  • un rayonnement de l’enseignement supérieur métropolitain pour un accès des jeunes à l’international : amélioration des opportunités de mobilité internationale pour les jeunes métropolitains ainsi que des capacités pour l’accueil d’étudiants étrangers.

 

Il s’agit pour l’heure de propositions soumises aux participants pour enclencher les groupes de travail qui se réuniront pendant l’année 2014. L’objectif sera alors de concrétiser ces projets, de trouver des convergences entre les différentes politiques publiques pour en améliorer la complémentarité et l’efficacité, mais également de développer une stratégie d’information auprès des jeunes. Ils s’approprieront ainsi plus facilement ce nouveau territoire et trouveront leur place dans le processus de métropolisation : mise en place d’un conseil des jeunes, organisation d’un appel à contributions initiés par les jeunes pour les jeunes…

Comme pour les autres chantiers, ces groupes avanceront parallèlement lors d’ateliers de travail, et seront amenés à interagir lors des plénières des chantiers.
 

PAR ET POUR LES JEUNES

A l'issue de la première réunion de chantier (06/04/2014), entretien avec Sandrine Dujardin, chef de projet du chantier Potentiels Jeunesse

 

Vous venez de lancer le chantier Potentiels jeunesse. Ce décalage par rapport aux autres chantiers déjà sur les rails, correspond-il à une méthode propre ?

Le chantier Potentiels jeunesse est très particulier. Il est difficile à appréhender, car il cible directement une catégorie de personnes, les jeunes, et dans le même temps, il concentre d’innombrables dimensions et enjeux métropolitains : mobilité, emploi, logement, culture et innovation, cohésion... aucun de ces enjeux ne peut ignorer la problématique de la jeunesse ! Trouver un angle d’attaque pertinent, légitime, et efficace pour mener ce chantier n’était donc pas aisé.

Fort des expériences de nos partenaires et des autres chantiers, et convaincus du caractère propre du chantier Potentiels Jeunesse, il nous est vite apparu que le chantier n’aurait pas de sens si nous nous limitions à agir pour les jeunes : il fallait également faire avec les jeunes, y compris en leur laissant la main. Le sujet du chantier était particulier, la méthode devait l’être également. Nous avons donc décidé d’inviter dix jeunes issus des territoires de la métropole, et ce dès septembre prochain, à participer pleinement à la dynamique métropolitaine dans le cadre d’un service civique de huit mois.

Ils seront directement associés au processus de coproduction dans le cadre du chantier, et seront amenés à se rendre sur le terrain, papiers et caméras en main, pour effectuer une double mission : alimenter la mission en témoignages et idées nouvelles en allant à la rencontre des jeunes métropolitains d’une part, et, d’autre part, porter la voix de la métropole, son projet et ses apports, avec l’idée forte que la jeunesse métropolitaine est tout sauf une somme de difficultés à résoudre, mais bien un atout pour la métropole de demain.

 

Quels sont les projets sur le point d’être lancés ?

Nous allons continuer à travailler avec les acteurs du territoire et ces dix jeunes autour de trois principaux projets.

D’abord, nous allons tirer parti de la transversalité du chantier Potentiels jeunesse pour solliciter l’ensemble des autres chantiers, et proposer un « bouquet de projets » adaptés aux publics jeunes : tous devront identifier des actions, des initiatives, ou autant de réponses structurantes pour le projet métropolitain. Quelques projets sont déjà esquissés : un fonds de création d’entreprises pour les jeunes des quartiers, projet amorcé par le chantier cohésion sociale et territoriale, des tarifications pour les jeunes pour les transports collectifs à l’échelle métropolitaine, proposition avancée par le chantier mobilité et accessibilité...

Ensuite, nous allons installer une démarche qui garantira un accès des jeunes à l’international : il apparaît primordial que les jeunes puissent eux-aussi tirer profit du rayonnement international de la métropole Aix-Marseille-Provence. Travailler sur les conditions de mobilité des jeunes, sur des programmes d’échanges sont par exemple des pistes de travail esquissées.

Enfin, les travaux du chantier devront permettre de bâtir une plateforme d’initiatives pour et par les jeunes. Ce « réseau d’initiatives jeunesse » couvrira l’ensemble du territoire métropolitain et concernera des lieux très diversifiés (espaces culturels, gares, friches...), où les jeunes pourront porter et animer leurs projets, collectifs ou individuels, de toutes natures : artistique, économique... L’idée est ici de relayer la méthode suivie dans le chantier, en laissant les jeunes maîtres de leurs espaces de projets.

Ingénierie métropolitaine

Ingénierie métropolitaine

Le huitième chantier est un peu atypique. Il ne concerne pas directement un aspect ou un autre de la vie et du développement de la métropole, mais indirectement tous. Il s’agit d’organiser le travail de ceux – économistes, urbanistes, démographes, spécialistes de l’énergie, des transports, de l’environnement … – qui penseront à l’avenir le fonctionnement et l’évolution du territoire métropolitain et éclaireront les décisions politiques. Cette « ingénierie métropolitaine » peut se construire en partie sur la base de services de l’État et des collectivités qui existent déjà comme les agences d’urbanisme de l’agglomération marseillaise (AGAM) ou du Pays d’Aix (AUPA). Tous sont impliqués aujourd’hui dans la réflexion métropolitaine pour envisager les cadres et les conditions d’une activité durablement en phase avec les préoccupations des acteurs.

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Consultation urbaine et territoriale

Consultation urbaine et territoriale

Des visions du projet métropolitain inscrites dans le territoire

Les travaux des chantiers permettent de penser certaines composantes du projet métropolitain et des projets particuliers qui pourront s’y développer. Ils n’offrent pas en revanche une représentation globale du projet métropolitain articulant ses différents aspects dans le territoire. La consultation urbaine et territoriale organisée par la Mission interministérielle invite justement trois équipes de concepteurs (urbanistes, paysagistes, économistes, spécialistes des transports…) à livrer cette vision d’ensemble.

 

   Découvrez toute l’actualité de la Consultation 
   et les rendus finaux des équipes sur le blog dédié

À PROCESSUS SINGULIER, HAUT NIVEAU D'EXIGENCE

Lancée au lendemain de la 3e Conférence métropolitaine, la Consultation urbaine et territoriale s’apprête à franchir une nouvelle étape. Parmi les 10 candidatures d’équipes pluridisciplinaires retenues, les trois lauréats désignés le 1er avril, s’engageront dans l’aventure collective. Un processus original dont l’objectif ultime est de proposer, à l’aube de la création de la future institution, des visions à dix ou quinze ans appropriables par élus et techniciens, comme futurs citoyens métropolitains. Les équipes lauréates devront élaborer un portrait d’ensemble de la métropole, et de façon plus originale, des étapes de sa construction et des dispositifs qui en accompagneront l’émergence (initiatives publiques, partenariats d’acteurs publics-privés, opérations privées…). 

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Les concepteurs se concentreront également sur deux à trois projets particuliers chacun, inscrits dans des contextes identifiés. De natures différentes — projets urbains, de mobilité, culturels, agricoles, matériels ou non— ils constitueront de puissants démonstrateurs à l’échelle métropolitaine.

Mais l’ingrédient le plus distinctif de la consultation réside sans nul doute dans l’association étroite des acteurs locaux aux réflexions des équipes. Balades urbaines commentées suivies de débats publics, remise des carnets d’acteurs élaborés au cours des 18 mois passés, intégration d’acteurs locaux aux réflexions d’équipes… les dispositifs sont imaginés pluriels pour assurer une contribution opérante tout au long de la consultation.

Dans un même élan de coproduction, les deux instances de pilotage, comité de pilotage et de la régie collective, tiendront un rôle actif pour faciliter l’interaction entre élus, acteurs et les équipes.

Premiers pas

Février 2015

Ariella Masboungi architecte urbaniste, inspectrice générale de l’administration du développement durable, participe à la conception et l’organisation de la Consultation Urbaine et Territoriale, dans le cadre d’une mission du  ministère du Logement, de l'Égalité des territoires et de la Ruralité. Elle décrypte les spécificités d’une démarche hors du commun.

 

Vous avez participé ou été associée à  plusieurs consultations urbaines comme membre de jurys, en France et à l’étranger. Quelles sont les spécificités de celle engagée par la Mission interministérielle ?

 

Son échelle d’abord. Une consultation de cette ampleur, sur un territoire quatre fois plus vaste que celui du Grand Paris, ne connaît aucune référence, même internationale, à l’exception du Grand Paris. Dans le cas de la consultation du Grand Paris justement, également lancée par l’État, l’étendue du territoire appréhendé a été laissée à la libre appréciation des équipes : Jean Nouvel s’arrêtait à la Petite Couronne et Antoine Grumbach… au Havre ! La Consultation urbaine et territoriale Aix-Marseille-Provence peut renvoyer, par son ampleur et ses enjeux à d’autres travaux, notamment ceux de l’IBA de l’Emscher Park dans la Ruhr ou l’IBA Bâle qui est transfrontalière (Internationale Bauaustellung ou Exposition Internationale d’Architecture). Ces démarches urbaines innovantes consistent à faire émerger ou évoluer, sur dix ans, des projets préexistants ou nouveaux en écho à une certaine philosophie du territoire.

La consultation lancée par la Mission interministérielle ne vise pas l’élaboration d’un projet urbain. Je note qu’en France, le terme « projet urbain » désigne tout et son contraire et qualifie des opérations urbaines parfois sans qualités. Au départ, la notion couvrait une dizaine d’hectares, puis avec l’Île de Nantes, Paris Rive Gauche, Lyon Confluence, sont couverts des centaines d’hectares et, avec eux, de nouveaux outils, de nouvelles démarches, de nouvelles procédures. Il faut une conscience véritable de l’échelle considérée. Ici nous parlons de dizaines de milliers d’hectares et souhaitons, à cette échelle, deux apports complémentaires : des fils conducteurs — la philosophie de l’aménagement du territoire métropolitain — et des opérations-clés, des « flashs »  qui en seraient à la fois les démonstrateurs et les leviers. Les équipes lauréates apportent des idées, ouvrent des imaginaires que les maîtres d’ouvrage, les politiques, des entrepreneurs privés pourraient s’approprier. En France, nous raisonnons trop souvent en « top-down », du général au particulier. La consultation a été pensée pour libérer le « bottom-up ». Qu’est ce que les territoires ont à nous dire ? Comment mobiliser les énergies existantes pour inventer la dynamique de la métropole ? En cela nous nous rapprochons de l’IBA Emscher Park.

Lorsque nous parlons projet, il ne s’agit pas uniquement d’aménagement en dur ; nous parlons aussi du « soft », c’est-à-dire de l’activité, la culture, la vie sociale… Comparativement à l’Allemagne ou la Suisse, la France est en retard sur cette approche. Rien n’empêche un projet de penser l’occupation temporaire d’un espace pour développer des initiatives, des usages, des formes d’organisation immatérielle, des réseaux, des rencontres, des démarches économiques innovantes. Pour la cohésion de la métropole, le soft comptera autant que le hard, comme cela a finalement déjà été initié par MP2013. D’où la complexité de la réflexion des équipes, qui devront être compétentes à la fois sur les transports, la ville à grande échelle, les formes urbaines, le jeu d’acteurs, la dynamique économique, l’émergence de projets locaux… et ouvertes concomitamment à toutes ces dimensions. 

 

Que peut-on attendre de cette consultation ?   

 

Le sentiment métropolitain est loin d’être acquis. Il faut donner envie, révéler les territoires qui composent la métropole, reconnaître leurs besoins réciproques, leurs complémentarités et démontrer que l’on peut inventer un autre type de métropole : une métropole en réseau qui fonctionne en relation avec son espace naturel. Nantes - Saint-Nazaire en est l’illustration parfaite. Certains disaient « ce n’est pas une métropole, il y a trop de vide dans ce territoire ». Au contraire, une nouvelle forme de métropole a ici vu le jour, interagissant avec la nature, le fleuve, et surtout porteuse d’un puissant sentiment d’appartenance au territoire. Les Chambres de commerce, par exemple, ont fusionné et fonctionnent à l’échelle métropolitaine ample. Elles assurent aujourd’hui indifféremment la promotion de Nantes Saint-Nazaire ou La Baule, des territoires naturels ou du littoral… alors qu’administrativement, soulignons-le, la métropole n’existe pas à cette échelle.  

La Consultation urbaine et territoriale Aix-Marseille-Provence peut aussi apporter de la collaboration plutôt que de l’opposition. Le Grand Paris, par exemple, a anticipé sur la démarche institutionnelle pour développer des envies et des ambitions chez les maires de banlieue, et s’est traduite dans une évolution des modes de montage de projets. La consultation doit nourrir les imaginaires de tous, collectivités, décideurs, habitants, acteurs privés… Il faut d’ailleurs accorder de la liberté pour qu’émergent des projets privés, pas seulement ceux des promoteurs, mais aussi ceux de groupements créatifs, d’entrepreneurs au sens large, sans nécessairement que la puissance publique soit en première ligne. Ces initiatives gagnent sans doute en rapidité de mise en œuvre.

 

Vous êtes membre de la Commission de sélection des trois équipes lauréates. À quoi serez-vous particulièrement attentive lors de la présentation des dix équipes, les 31 mars et 1 avril prochain ?

 

Je suis heureuse, déjà, que nous prenions le temps d’écouter les équipes car usuellement ces étapes se déroulent dans des temps bien plus contraints. Ceci étant dit, j’attends que les équipes soient « en amitié » avec le territoire. J’ai travaillé huit ans à Marseille, et il faut le temps d’apprendre à apprécier ses contrastes, son « désordre magnifique ». Il faut aimer intrinsèquement ce territoire, sa nature, le faire évoluer dans son identité.

J’attends, bien sûr, créativité et talent. Il ne suffit pas d’avoir de bonnes idées, les équipes devront prouver qu’elles sont susceptibles de fabriquer de la qualité. Pas seulement spatiale, mais aussi vitale, fonctionnelle, culturelle, économique,…

J’attends également un positionnement stratégique. Il ne s’agit pas ici dresser le catalogue des possibles. Pour reprendre la belle formule d’un confrère, être urbaniste, c’est réunir l’art du contexte, du projet et de la situation. Or, la situation est ici parfois caractérisée par une culture d’objection. Comment dès lors, pour les équipes concrétiser leurs propositions ? Quelles cartes peuvent-elles jouer  dans ce contexte précis?

Il faudra aussi nous faire rêver… Comme avec un roman, lorsque à la lecture des premières pages, nous prend l’envie d’en dévorer la suite. Toutes les équipes choisies sont très compétentes, il leur appartient maintenant de faire vivre ce désir pour souhaiter ardemment connaître la suite du récit qu’elles nous proposeront. 

Lauréats:

DEVILLERS ET ASSOCIÉS,
LIN, SEURA David Mangin

Mai 2015

« Toutes les équipes partagent une compréhension fine du contexte et de la commande à un moment charnière de la vie de ce territoire, avec une conscience aiguë de l’exceptionnalité de cette métropole »,  souligne Laurent Théry, préfet délégué en charge du projet métropolitain Aix-Marseille-Provence. Toutes trois caractérisées par une grande pluridisciplinarité, les équipes lauréates sont également réunies par la conviction commune de l’illusion que représenterait un traitement exhaustif de l’ensemble des dimensions du territoire. Toutes ont donc privilégié une attitude réaliste, non moins ambitieuse, qui s’attache à faire parler leur sensibilité propre dans les choix des axes de projets esquissés. 

 

Crédits: Geoffroy Mathieu / Bureau des Guides - GR2013®

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DEVILLERS ET ASSOCIÉS

DEVILLERS & ASSOCIÉS, architecture, urbanisme et paysage Mandataire ; 
CORINNE VEZZONI & ASSOCIÉS, architecture et urbanisme
THEORIT+ (Theorit Consultancy + Red Ball Consultancy), développement économique et portuaire ; 
TRANSMOBILITES, mobilités ; 
EMBIX, numérique, énergie, mobilité ; 
JEAN BLAISE, culture ; 
JEAN VIARD, sociologie, économie ; 
ALAIN BOURDIN, urbanisme, sociologie ; 
DOMINIQUE GAUDRON, économie du tissu provençal ; 
JERÔME DUBOIS, sociologie ; 
MANUEL DE FORN, économie métropolitaine ; 
CEPRI risque inondation.

Depuis 20 ans, l’agence menée par Christian Devillers, Grand Prix de l’urbanisme 1998 et équerre d’argent 1984, revendique une approche généraliste et une vision globale de la ville fondée sur une appréciation précise des enjeux du 21e siècle et un urbanisme durable. Elle se distingue par son appétence pour les questions de technique urbaine — conception bioclimatique, biodiversité, production et régulation de l’énergie, smartgrids, éco-mobilités… — qu’elle perçoit avant tout comme relevant d’usages et d’enjeux sociaux. Les références du mandataire se partagent entre analyses de grands territoires comme l’étude de définition du Pôle d’Orly Rungis, Reims 2020, le Plan directeur Méridia Plaine du Var et la Consultation internationale pour le Grand Paris et projets urbains majeurs tels le secteur Austerlitz Paris Rive Gauche ou la ZAC de Bonne à Grenoble, premier éco-quartier du programme européen Concerto primé dès 2009.

Christian Devillers a formé, pour la Consultation, une équipe pluridisciplinaire, composée d’urbanistes et d’experts, issus du territoire métropolitain pour moitié, rassemblés autour d’une conviction commune : l’importance de la question maritime et portuaire pour ce territoire.

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LIN

LIN, architecture et urbanisme Mandataire ; 
SMETS Consultants in Urbanism bvba, analyse urbaine et urbanisme ; 
ORG bvba, urbanisme et architecture ; 
ZUS Zones Urbaines Sensibles, paysage ; 
EGIS, mobilité, développement territorial, environnement et programmation urbaine ; 
CMN PARTNERS, économie des territoires ;
REPÉRAGE URBAIN, sociologie ; 
YES WE CAMP, interventions artistiques et participatives ; 
MICHAEL KLEYER, écologie urbaine et paysagère ; 
JOSEPH HANIMANN, philosophie, société, culture ; 
SUSANNE OTTO, architecture et urbanisme, consultant relais local ; 
LIA, laboratoire de recherche en architecture et urbanisme de l’université de Berlin, Chaire de Finn Geipel.

L’agence LIN, fondée par Finn Geipel et Guilia Andi en 2001, se décrit comme un « laboratoire pour l’architecture, l’urbanisme et le design ». Entre Paris et Berlin, LIN se distingue par son approche singulière misant sur la flexibilité, les programmations ouvertes, la transformation de l’existant et l’utilisation minimisée des ressources. L’agence fonctionne, depuis sa création, en étroite relation avec un réseau de consultants du monde entier, mobilisés sur des compétences spécifiques : structure, conception climatique, lumière, art, écologie, économie urbaine, etc. Entre 2008 et 2009, LIN a participé à la consultation internationale « Le Grand Pari de l’agglomération parisienne ». Finn Geipel siège depuis 2010, au Conseil scientifique de l’Atelier international du Grand Paris. Parmi les références récentes de l’agence, le masterplan pour le secteur tri-national 3Land, l’étude de composition urbaine et paysagère de Seine Aval, le volet urbain et paysager du Contrat de Développement territorial Est de la Seine-Saint-Denis et la Cité du Design de Saint-Étienne (2009) pour laquelle Finn Geipel a reçu plusieurs distinctions dont le prix spécial de l’Équerre d’Argent en 2010.

L’équipe LIN s’est structurée spécifiquement autour de trois compétences dominantes : le développement du territoire et la mobilité, le paysage et l’environnement, l’économie et la culture.

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SEURA David Mangin

SEURA ARCHITECTES, architecture et urbanisme Mandataire 
JORNET LLOP PASTOR, architecture et urbanisme ; 
COLOCO, paysage ; 
TRANSITEC, mobilité ; 
ORGECO, socio-économie ; 
JEAN-MICHEL SAVIGNAT, architecture et urbanisme ; 
HENRICK STURM, artiste marcheur ; 
BARCELONA REGIONAL, énergie, environnement.

Depuis sa création en 1988, l’équipe SEURA, représentée par David Mangin, développe son expertise dans les domaines du grand territoire et du paysage, de l’urbanisme et de l’architecture. Elle explore et analyse des thématiques, souvent peu abordées, telles que la mégapole, les tiers-lieux et l’urbanisme commercial, associées à des réflexions sur l’éco-mobilité et la biodiversité. L’agence met actuellement en œuvre des opérations urbaines de grande ampleur à Toulouse, Douai et Lille Sud. Elle a également remporté le concours international d’urbanisme pour le réaménagement des Halles en 2004 et participe, depuis 2008, à l’Atelier international du Grand Paris.

Pour la Consultation, l’équipe s’est constituée autour d’experts de tous horizons dotés d’une grande expérience des échelles métropolitaines, que ce soit, par exemple, à Barcelone, Montpellier, Nice, ou Paris.

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DEVILLERS & ASSOCIÉS

DEVILLERS & ASSOCIÉS, architecture, urbanisme et paysage Mandataire ; 

CORINNE VEZZONI & ASSOCIÉS, architecture et urbanisme
THEORIT+ (Theorit Consultancy + Red Ball Consultancy), développement économique et portuaire ; 
TRANSMOBILITES, mobilités ; 
EMBIX, numérique, énergie, mobilité ; 
JEAN BLAISE, culture ; 
JEAN VIARD, sociologie, économie ; 
ALAIN BOURDIN, urbanisme, sociologie ; 
DOMINIQUE GAUDRON, économie du tissu provençal ; 
JERÔME DUBOIS, sociologie ; 
MANUEL DE FORN, économie métropolitaine ; 
CEPRI risque inondation.

 

Depuis 20 ans, l’agence menée par Christian Devillers, Grand Prix de l’urbanisme 1998 et équerre d’argent 1984, revendique une approche généraliste et une vision globale de la ville fondée sur une appréciation précise des enjeux du 21e siècle et un urbanisme durable. Elle se distingue par son appétence pour les questions de technique urbaine — conception bioclimatique, biodiversité, production et régulation de l’énergie, smartgrids, éco-mobilités… — qu’elle perçoit avant tout comme relevant d’usages et d’enjeux sociaux. Les références du mandataire se partagent entre analyses de grands territoires comme l’étude de définition du Pôle d’Orly Rungis, Reims 2020, le Plan directeur Méridia Plaine du Var et la Consultation internationale pour le Grand Paris et projets urbains majeurs tels le secteur Austerlitz Paris Rive Gauche ou la ZAC de Bonne à Grenoble, premier éco-quartier du programme européen Concerto primé dès 2009.

 

Christian Devillers a formé, pour la Consultation, une équipe pluridisciplinaire, composée d’urbanistes et d’experts, issus du territoire métropolitain pour moitié, rassemblés autour d’une conviction commune : l’importance de la question maritime et portuaire pour ce territoire.

 

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LIN

LIN, architecture et urbanisme Mandataire ; 
SMETS Consultants in Urbanism bvba, analyse urbaine et urbanisme ; 
ORG bvba, urbanisme et architecture ; 
ZUS Zones Urbaines Sensibles, paysage ; 
EGIS, mobilité, développement territorial, environnement et programmation urbaine ; 
CMN PARTNERS, économie des territoires ;
REPÉRAGE URBAIN, sociologie ; 
YES WE CAMP, interventions artistiques et participatives ; 
MICHAEL KLEYER, écologie urbaine et paysagère ; 
JOSEPH HANIMANN, philosophie, société, culture ; 
SUSANNE OTTO, architecture et urbanisme, consultant relais local ; 
LIA, laboratoire de recherche en architecture et urbanisme de l’université de Berlin, Chaire de Finn Geipel.

L’agence LIN, fondée par Finn Geipel et Guilia Andi en 2001, se décrit comme un « laboratoire pour l’architecture, l’urbanisme et le design ». Entre Paris et Berlin, LIN se distingue par son approche singulière misant sur la flexibilité, les programmations ouvertes, la transformation de l’existant et l’utilisation minimisée des ressources. L’agence fonctionne, depuis sa création, en étroite relation avec un réseau de consultants du monde entier, mobilisés sur des compétences spécifiques : structure, conception climatique, lumière, art, écologie, économie urbaine, etc. Entre 2008 et 2009, LIN a participé à la consultation internationale « Le Grand Pari de l’agglomération parisienne ». Finn Geipel siège depuis 2010, au Conseil scientifique de l’Atelier international du Grand Paris. Parmi les références récentes de l’agence, le masterplan pour le secteur tri-national 3Land, l’étude de composition urbaine et paysagère de Seine Aval, le volet urbain et paysager du Contrat de Développement territorial Est de la Seine-Saint-Denis et la Cité du Design de Saint-Étienne (2009) pour laquelle Finn Geipel a reçu plusieurs distinctions dont le prix spécial de l’Équerre d’Argent en 2010.

L’équipe LIN s’est structurée spécifiquement autour de trois compétences dominantes : le développement du territoire et la mobilité, le paysage et l’environnement, l’économie et la culture.

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SEURA David Mangin

SEURA ARCHITECTES, architecture et urbanisme Mandataire 

JORNET LLOP PASTOR, architecture et urbanisme ; 
COLOCO, paysage ; 
TRANSITEC, mobilité ; 
ORGECO, socio-économie ; 
JEAN-MICHEL SAVIGNAT, architecture et urbanisme ; 
HENRICK STURM, artiste marcheur ; 
BARCELONA REGIONAL, énergie, environnement.

Depuis sa création en 1988, l’équipe SEURA, représentée par David Mangin, développe son expertise dans les domaines du grand territoire et du paysage, de l’urbanisme et de l’architecture. Elle explore et analyse des thématiques, souvent peu abordées, telles que la mégapole, les tiers-lieux et l’urbanisme commercial, associées à des réflexions sur l’éco-mobilité et la biodiversité. L’agence met actuellement en œuvre des opérations urbaines de grande ampleur à Toulouse, Douai et Lille Sud. Elle a également remporté le concours international d’urbanisme pour le réaménagement des Halles en 2004 et participe, depuis 2008, à l’Atelier international du Grand Paris.

Pour la Consultation, l’équipe s’est constituée autour d’experts de tous horizons dotés d’une grande expérience des échelles métropolitaines, que ce soit, par exemple, à Barcelone, Montpellier, Nice, ou Paris.

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Qu'apporte la consultation au projet?

La Consultation urbaine et territoriale entre dans une phase productive. Quels seront ses apports au projet et à la construction métropolitaine ? 
Regards croisés entre Laure-Agnès Caradec, adjointe au maire de Marseille, vice-présidente de la Communauté Urbaine MPM, présidente de l’AGAM, présidente du CAUE 13 et membre du comité de sélection de la Consultation urbaine et territoriale, et Laurent Théry, préfet délégué en charge du projet métropolitain Aix-Marseille-Provence, et Grand Prix de l’Urbanisme 2010.

 

Qu’attendez-vous au fond de la Consultation urbaine et territoriale ? 

 

Laure-Agnès Caradec La construction métropolitaine va nécessiter la mise en place d'un projet de territoire global mettant en perspective les atouts de l'ensemble de la métropole. Je constate que de nombreuses études ont été menées par les EPCI ou des partenaires publics, et qu'elles vont nourrir la réflexion d'ensemble. La Consultation débouchera sur des propositions, sur des préconisations (multiples) qui permettront de donner à la fois une vision à l'échelle de ce grand territoire (3 600km2 et 1 700 000 habitants) et en même temps des zooms sur un certain nombre de secteurs à enjeux qui correspondent plus à une échelle de proximité. Les élus pourront s 'appuyer sur ces apports quand il s'agira de donner un cap et un cadre d'actions. Il ne s'agit pas de dicter une évolution pour ce grand territoire mais bien d'indiquer une ou plusieurs directions. In fine ce sont les élus qui décideront de leur mise en œuvre.

 

Laurent Théry Dans un contexte où la relation entre les territoires est encore fortement marquée par la concurrence, nous sommes convaincus que la métropole est le seul moyen de parvenir à un développement plus équilibré, cohérent et efficace. Pourtant, la métropole est encore une abstraction, car elle n’a pas de représentation. De nombreux projets ont été engagés, nous avons aujourd’hui besoin d’un système pour les assembler, les articuler : la Consultation doit permettre d’amorcer l’unité de la représentation métropolitaine, d’engager l’appropriation de ce territoire, et lui donner corps. En proposant une vision, des visions pour ce territoire, en anticipant ses évolutions, les équipes de concepteurs doivent éclairer les conditions dans lesquelles la métropole pourra évoluer demain.  La Consultation doit également dépasser le cercle des initiés, et s’adresser à un public métropolitain plus ouvert pour construire et diffuser les résultats de ses travaux.

 

Le dialogue étroit entre équipes de concepteurs et acteurs locaux constitue une dimension originale de la Consultation. Que peuvent-ils attendre réciproquement de cette proximité ?

 

Laure-Agnès Caradec Voir loin, voir ensemble, construire le territoire de demain. Nous allons nous concentrer d'abord sur les questions de fonctionnement institutionnel mais ensuite il sera possible de démarrer nos échanges plus rapidement pour comprendre un territoire à grande échelle. Leur permettre de prendre de la hauteur. Leur proposer une vision, une visualisation, une mise en perspective de développement de la métropole, qui permettront de commencer à construire une approche commune à la grande échelle.

 

Laurent Théry La démarche de la Consultation s’inscrit dans le prolongement de la méthode de co-production initiée dès les débuts de nos travaux.  La grande pluridisciplinarité des équipes permet d’envisager, à travers une gamme de compétence complète, les questions nécessairement transversales du développement métropolitain. Le projet sera nourri de l’expertise, des expériences européennes et internationales dont peuvent témoigner les trois équipes, mais aussi des apports des acteurs locaux, qui participent activement à la démarche. Ces derniers sont les garants d’une connaissance fine du territoire dont les équipes ont besoin pour élaborer leurs propositions. Méfions nous de la tentation du tout, et pensons que l’exhaustivité est illusoire. Aux élus donc d’orienter, de participer, de collaborer  et d’animer cette Consultation. Pour qu’elle puisse alimenter, à terme, les réflexions stratégiques et les choix politiques qu’ils auront à faire demain.

 

Sous votre présidence, l’Agence d’Urbanisme de l’Agglomération Marseillaise (AGAM) s’est très tôt associée aux travaux de préfiguration du projet métropolitain. Comment poursuivra-t-elle son implication pendant la Consultation ?

 

Laure-Agnès Caradec L'AGAM s'est impliquée dans la question métropolitaine depuis de nombreuses années et notamment dans la période de la coopération métropolitaine pilotée par la DATAR entre 2004 et 2008. Dès la fin 2012, elle a apporté un appui technique à la mission tout en poursuivant ses propres réflexions. L'AGAM a contribué à la production collective de matériaux qui seront remis aux trois équipes. Elle prendra toute sa place dans la régie technique qui suivra la Consultation et elle pourra jouer un rôle d'interface entre les équipes et les territoires et apporter, à son initiative ou à la demande des élus un certain nombre d'éclairages ou d'expertises pour que cette approche originale soit utile à tous.

Quel
processus productif?

Composante centrale et aboutissement de la démarche de coproduction du projet métropolitain, la Consultation urbaine et territoriale a été lancée par la Mission interministérielle en janvier 2015. Le temps accordé aux équipes et aux acteurs locaux pour collaborer dans le cadre de la Consultation urbaine est déterminé par la date de création de la métropole, le 1er janvier 2016. 
Les trois groupements pluridisciplinaires ont donc neuf mois devant eux pour avancer visions, représentations et scénarisations de l’avenir du territoire, et élaborer les projets qui en seront les démonstrateurs.

 

Chaque équipe lauréate aura en effet à proposer une vision du territoire à échéance de dix ou quinze ans, et à décrire les processus de sa structuration. Il n’est pas question de vision exhaustive, totalisante. Il s’agit de donner un sens, éclairé par les sensibilités propres aux trois équipes, aux transformations de la métropole, et de rendre lisibles ces dynamiques. Au terme de ce travail, un document de synthèse permettra non seulement de s’approprier les avancées de la réflexion mais également de révéler les points de convergence ou les expressions distinctives de la pensée des équipes. Dans le même temps pour partie, à travers des processus d’itération, des projets représentatifs de l’évolution désirée du territoire métropolitain émergeront.  Ils seront de nature très diverse — projets urbains, de mobilité, culturels, paysagers...— mais toujours inscrits dans un contexte local. Différentes initiatives, destinées à faire de la Consultation un moment de partage et d’échange entre équipes, acteurs du territoire, et citoyens ponctueront le processus.

Les équipes doivent en effet — et c’est là une des caractéristiques originales de la consultation — construire une vision territorialisée et transverse d’éléments de projets, souvent conçus et portés collectivement. Familiariser les équipes choisies avec le territoire métropolitain, avec ses habitants,  et ses acteurs n’est donc pas sans importance. Les randonnées métropolitaines organisées et animées à la demande de la Mission interministérielle par le Bureau des Guides GR 2013® dans le cadre du projet « Métropole Commune » concrétisent cette préoccupation : quatre journées de marche, une expérience collective d’arpentage du territoire.

 

   Lire l’article de la Newsletter # 8 dédié à ce sujet "La Métropole, pas à pas".

 

La Mission a  également souhaité organiser des espaces collectifs de réflexion, de débat, de deux types : les « rencontres à la croisée des chantiers », et les « rencontres méditerranéennes ». Les premières, organisées de mai à septembre, devront « faire dialoguer les productions des équipes et la démarche de projet déjà bien avancée dans le cadre des chantiers organisés par la Mission interministérielle depuis le début de son existence », explique Marie Baduel, la directrice de la Consultation urbaine et territoriale. « Il s’agit d’instaurer un débat entre les hypothèses et les axes de projet proposés par les équipes, et les interpellations stratégiques et intentions de projets de la Mission. Cinq rencontres sont prévues pour aborder, successivement, les thèmes de « la mobilité », du « futur engagé », c’est-à-dire les principaux projets programmés et les visions stratégiques déjà exprimées par les collectivités, de « l’eau, de l'agriculture et risques naturels », du « système industriel, logistique et énergétique » et enfin de « la cohésion sociale et territoriale ». Elles n’ont d’évidence pas vocation à couvrir l’ensemble des problématiques métropolitaines  et les équipes pourront exprimer des besoins supplémentaires. Les secondes, les « rencontres méditerranéennes », inscrivent directement la Consultation dans une dimension internationale, avec l’ambition d’encourager des liens entre le territoire d’Aix-Marseille-Provence et les métropoles du pourtour méditerranéen comme Barcelone, Alger, Gênes, Tunis, qui vivent des situations et mutations urbaines similaires à celles d’Aix-Marseille-Provence. « Nous ne tendons pas à la production d’un modèle de la ville méditerranéenne, qui n’aurait que peu de sens dans une dynamique de mondialisation. Partager, converger ou diverger sont des perspectives nécessaires à la production d’une pensée sur les métropoles méditerranéennes, pour donner corps à des actions concertées», confie Marie Baduel.

> En savoir plus

http://consultation-metropoleamp.com/

Documents clés

DOCS 1

Document d'orientation stratégique

Diffusé en juillet 2013, le Document de convergence stratégique n°1 (DOCS 1) proposé par la Mission Interministérielle pour le projet métropolitain Aix-Marseille-Provence peut être considéré à juste titre, comme le document fondateur du projet métropolitain.

 

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Il constitue tout à la fois une interpellation des acteurs politiques et de la société civile, un exposé de la méthode de coproduction du projet, ainsi qu’une invitation à s’y associer. Plus encore, il s’affirme comme un manifeste soumettant au débat quatre orientations, possibles fondements d’une vision métropolitaine en devenir. Chacune d’elles sous-tend une évolution du territoire autant qu’un changement de perspective : de la métropole de la diversité à la métropole des capacités, de la métropole portuaire à la métropole ouverte à 360°, de la métropole généreuse à la métropole durable ; de la métropole de fait à la métropole organisée et reliée. Leur but commun? Construire un socle d’analyses, faire converger progressivement les volontés.

DOCS 2

La métropole en marche :
les chantiers du projet
d’Aix-Marseille-Provence

Faisant suite au « Petit livre bleu », comme ses premiers lecteurs ont pu familièrement le rebaptiser, ce deuxième opus du Document de convergence stratégique capitalise le travail conduit sous l’impulsion de la Mission interministérielle durant toute l’année 2013.

 

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En particulier, la première phase des chantiers lancés en septembre qui a réunit près de 500 participants. Intitulé « La métropole en marche : les chantiers du projet d’Aix-Marseille-Provence », il synthétise l’ensemble des réflexions et propositions des huit espaces de coproduction du projet, explicitant leur quête commune de la « plus-value métropolitaine » : « faire mieux, faire plus, faire autrement ». Pour chaque chantier, de premières propositions de travail sont énoncées qui prennent en compte les différentes temporalités dans lesquelles elles peuvent s’inscrire : « à lancer tout de suite », « pour baliser le chemin », « une grande ambition à l’horizon ». Un nouveau jalon dans le processus collectif de projet.

DOCS 3

La métropole
en projets :
intentions d'étape

À un an de la création officielle de la métropole Aix-Marseille-Provence, le 1er janvier 2016,  le Docs 3 « La métropole en projets : intentions d’étape » témoigne d’une étape-clé de la construction métropolitaine.

 

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Au terme de dix huit mois d’un travail collectif fructueux, le troisième volet des Documents de convergence stratégique est le témoin des avancées du projet métropolitain à travers sa dernière ambition : énoncer des orientations de projet et des dynamiques prioritaires mises en débat au sein des chantiers et fruits d’un consensus. Le Docs 3 pose donc un cadre d’action orienté et argumenté pour l’ensemble des acteurs investis dans l’élaboration du projet métropolitain Aix-Marseille-Provence.

Document Institutionnel

Si la loi a fixé le cadre général dans lequel la métropole Aix-Marseille-Provence se construira, de nombreux aspects de ses contours institutionnels demeurent ouverts au débat politique local.

C’est pour fonder ce débat et en alimenter les principales perspectives qu’a été conçu ce fascicule : à partir d’éclairages précis sur la gouvernance, les compétences, la fiscalité, ou encore les finances, les lecteurs trouveront souvent réponse à leurs interrogations et, en tous cas, matière à réflexion.

 

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Interpellations
stratégiques

Le Livre blanc
des transports
métropolitains

Dans le prolongement des travaux du chantier « mobilité et accessibilité », la Mission interministérielle a produit, avec l’ensemble des partenaires concernés, le « Livre blanc des transports métropolitains Aix-Marseille-Provence ». À travers lui, les acteurs du projet métropolitain pointent le handicap majeur du territoire en matière de mobilité et ses incidences multiples sur la qualité de vie, la santé publique, la vitalité des entreprises…  Les rédacteurs prônent, en réponse, l’élaboration d’une offre multimodale, alternative à l’automobile, comme une urgence vitale.

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Par-delà, un état des lieux des multiples aspects de la question des déplacements au sein de la métropole, le Livre blanc formule des pistes d’actions pour transformer radicalement les conditions de la mobilité des usagers métropolitains. Celles-ci concernent des scénarios de structuration du réseau ferroviaire et routier pour les liaisons en car, notamment les schémas Ring et Inter-pôles ainsi que des hypothèses de refonte des financements du transport collectif incluant des recettes supplémentaires liées à l’attractivité renouvelée du transport collectif. L’objectif est clair : en doubler la fréquentation dans les 15 ans à venir.

 

 

 

 

Interpellations
stratégiques

La métropole
des archipels

Quels sont les mécanismes territoriaux de l’économie métropolitaine? Quels en sont l’organisation spatiale et les complémentarités, les réseaux et les systèmes d’interaction? Le second opus de la collection « Interpellations stratégiques », après le Livre blanc des transports, s’intitule « La métropole des archipels » et apporte des clés de lecture originales de la réalité économique vue sous l’angle du territoire. 

 

 

 

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La notion « d’archipels » décrit un ensemble plus ou moins cohérent de liens qui structurent l’ensemble métropolitain. Six archipels sont identifiés: l’archipel portuaire et logistique, celui de la transformation des ressources, de la production mondialisée, de la promotion et de la mutation urbaines, l’archipel domestique des fonctions support (centres commerciaux, petite logistique…), et enfin celui de l’encadrement public. Des interpellations stratégiques découlent des différentes hypothèses d’interactions susceptibles de rapprocher les archipels au sein d’une économie métropolitaine redessinée.

 

Rapport OCDE

Vers une croissance plus inclusive
de la métropole Aix-Marseille :
Une perspective internationale

Réalisé à la demande de la Mission interministérielle par la division de la politique régionale de la Direction de la Gouvernance Publique et du Développement Territorial de l’OCDE et rendu public dans sa version provisoire début décembre 2013, le rapport final a été définitivement adopté en avril 2014 au siège parisien de l’organisation internationale. Et plus largement dès lors par l’ensemble des « coproducteurs » du projet métropolitain.

 

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Car, si le rapport a été finalisé au moment où le processus de préfiguration était déjà bien engagé, il révèle des enseignements fondamentaux sur le fonctionnement métropolitain « de fait » d’Aix-Marseille-Provence. Un apport décisif et unanimement salué comme tel pour la compréhension des différents enjeux du projet métropolitain, qu’il s’agisse de ses dimensions économiques, sociales ou encore institutionnelles, et pour la formulation de perspectives d’action.

L’état des lieux, très complet, se confronte systématiquement aux données statistiques de deux échantillons : celui des 275 aires métropolitaines de l’OCDE de plus de 500 000 habitants et l’autre, plus restreint, de 50 métropoles, de taille comparable à Aix-Marseille-Provence.  Il livre, du coup, des éclairages précieux, parfois inattendus, rapprochant  tantôt la métropole de ses homologues japonaises et allemandes pour  le tassement démographique ou de ses sœurs nord-américaines pour la dépendance extrême à l’automobile…

Étude INSEE

Portrait de territoire

L’INSEE a produit pour le compte de la Mission interministérielle un “Portrait du territoire” d’Aix-Marseille-Provence, offrant un panorama complet et synthétique de la métropole, tant dans ses dimensions démographique, économique, sociale que résidentielle. L’ensemble des chiffes-clés du territoire, tels que la structure familiale des ménages métropolitains, la répartition par catégorie socio-professionnelle ou encore la typologie des logements, sont réunis ici. Ils s’enrichissent d’une représentation cartographique inédite à l’échelle de la métropole, très utile pour embrasser d’un coup d’œil le territoire et mieux en apprécier les caractéristiques.

 

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Étude INSEE

Un territoire fragmenté,
des solidarités à construire

La métropole relève-t-elle d’ores et déjà d’une réalité statistique ? L’INSEE fournit de premiers éléments de réponse avec son étude « Métropole Aix-Marseille Provence : un territoire fragmenté, des solidarités à construire ». Démographie, emplois, déplacements, périurbanisation… une radiographie complète d’une métropole « de fait » avec ses forces et faiblesses.

 

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18 Septembre 2014
J’habite Saint-Antonin-sur-Bayon, la plus petite commune de la future métropole. Je m’attends à être dévorée par le « monstre métropole ...

> Réponse

Personne ne dévorera personne ! La métropole ne se substitue ni aux communes, ni au lien de proximité qui unit élus et citoyens ; au contraire, la métropole s’arme d’un nouvel outil pour assurer une relation de proximité avec ses territoires, même les plus petits : les conseils de territoire, dont les modalités sont encore à définir, sont justement créés pour rendre compte et respecter les spécificités locales. Ils se verront déléguer un grand nombre de compétences par le Conseil de la Métropole. Certes, les décisions stratégiques seront prises au niveau central à la Métropole, mais l'application des décisions se fera à l'échelle territoriale.

J’habite Saint-Antonin-sur-Bayon, la plus petite commune de la future métropole. Je m’attends à être dévorée par le « monstre métropole...

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18 Septembre 2014
J’en ai assez d’entendre que la métropole nous mènera à rien, qu’elle ne sera qu’un étage supplémentaire dans un mille feuille administratif déjà complexe... Je suis jeune entrepreneur, et ai à cœur de faire entendre la voix de nombreux de mes pairs. Beaucoup comme moi sont convaincus que seule la métropole est capable de susciter des évènements majeurs, comme MP2013 par exemple, pour donner une image positive de notre territoire et le rendre encore plus attractif ! À vous de relayer nos convictions et de faire entendre nos voix !

J’en ai assez d’entendre que la métropole nous mènera à rien, qu’elle ne sera qu’un étage supplémentaire dans un mille feuille administrati...

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11 Août 2014
Je commence à connaître la métropole, j’ai participé aux deux conférences métropolitaines.
Ce qui est en train de se passer est extrêmement enthousiasmant. Mais je regrette le manque d’information sur la question. J’ai l’impression de passer mon temps à expliquer, à qui veut bien m’écouter, ce qui va changer.
Et pourtant dans mon entourage, on ne peut pas dire que ce soit des gens fermés, professeurs des écoles, éducateurs spécialisés, infirmier... ils en voient passer du monde toute la journée et ils sont plutôt à l’écoute. Bref, on aimerait bien y voir un peu plus clair surtout nous les agents de la fonction publique territoriale qui sommes les premiers concernés.

Je commence à connaître la métropole, j’ai participé aux deux conférences métropolitaines. Ce qui est en train de se passer est extrême...

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11 Août 2014
Je connais une jeune coiffeuse qui après avoir trouvé un travail à quelques dizaines de kilomètres de chez elle a dû l’abandonner parce qu’il n’y avait aucun bus qui lui permettait de s’y rendre aux horaires de travail. Un chômeur de plus. Ce genre de chose est insupportable, que comptez-vous faire ?

> Réponse

La question des transports en commun est un des fondements du projet métropolitain. Vous le soulignez l’offre actuelle est insuffisante et incomplète. En partie à cause de la multiplicité des réseaux et des offres qui cohabitent sans être nécessairement bien adaptés aux besoins quotidiens. C’est pourquoi la réflexion ne porte pas seulement sur de nouvelles liaisons mais sur l’adéquation des transports (horaires, services, tarifs) avec les réalités.
Un chantier de réflexion spécifique est dédié à cette question.

Je connais une jeune coiffeuse qui après avoir trouvé un travail à quelques dizaines de kilomètres de chez elle a dû l’abandonner parce ...

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11 Août 2014
On parle beaucoup d’internet et d’innovation. Je crois que tous les emplois ne sont pas là dedans.
Il faut aussi penser aux employés et aux ouvriers et aux jeunes.

On parle beaucoup d’internet et d’innovation. Je crois que tous les emplois ne sont pas là dedans. Il faut aussi penser aux employés et au...

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