Autonome et décoratif, ce grimpant couvre les clôtures, offre de l’ombre et demande zéro entretien

Le jardin de mes grands-parents était entouré d’une clôture métallique presque invisible sous un épais manteau de feuilles vertes luisantes.

Enfant, j’adorais me cacher derrière ce mur végétal qui semblait avoir toujours été là.

Pourtant, ma grand-mère m’avait raconté qu’en à peine trois ans, le lierre avait complètement recouvert cette barrière disgracieuse.

Cette plante grimpante, souvent mal-aimée, possède pourtant des qualités indéniables pour qui cherche à verdir rapidement son extérieur sans s’épuiser en entretien.

Le lierre grimpant : champion toutes catégories des plantes couvrantes

Parmi les nombreuses plantes grimpantes disponibles pour habiller un mur ou une clôture, le lierre (Hedera helix) se distingue par plusieurs caractéristiques qui en font un choix particulièrement intéressant pour les jardiniers pressés ou peu disponibles.

Une croissance exceptionnellement rapide

Le lierre commun peut s’étendre de 1 à 3 mètres par an dans de bonnes conditions. Cette vitesse de croissance impressionnante permet d’obtenir un résultat visible dès la première année de plantation. À titre de comparaison, la glycine ou la vigne vierge, autres plantes grimpantes populaires, progressent généralement de 50 cm à 1 mètre par an.

Marie Dupont, paysagiste à Lyon, confirme : « Pour masquer rapidement une clôture disgracieuse, rien ne bat le lierre en termes d’efficacité. J’ai vu des grillages de 2 mètres de haut complètement recouverts en moins de deux saisons. »

Une plante persistante qui reste décorative toute l’année

Contrairement à de nombreuses plantes grimpantes qui perdent leurs feuilles en hiver, le lierre est persistant. Ses feuilles vert foncé brillantes restent en place tout au long de l’année, assurant un écran de verdure permanent. Cette caractéristique est particulièrement précieuse pour préserver l’intimité du jardin en toutes saisons.

Une capacité d’adaptation remarquable

Le lierre s’accommode de presque tous les types de sols, même pauvres ou caillouteux. Il tolère aussi bien l’ombre que le soleil, bien qu’il préfère les situations mi-ombragées. Cette rusticité exceptionnelle lui permet de prospérer là où d’autres plantes grimpantes plus exigeantes échoueraient.

Type d’expositionCroissance du lierre
Plein soleilBonne, mais feuillage parfois plus clair
Mi-ombreOptimale
Ombre complèteSatisfaisante, mais croissance ralentie

Un entretien minimal pour un résultat maximal

L’un des principaux atouts du lierre est son caractère autonome. Une fois installé, il demande très peu d’attention, ce qui en fait la plante idéale pour les jardiniers débutants ou ceux qui manquent de temps.

Une plante qui se passe d’arrosage

Après la première année d’installation, le lierre ne nécessite pratiquement aucun arrosage, même en période de sécheresse. Ses racines profondes lui permettent de puiser l’eau dont il a besoin dans le sol. Cette autonomie hydrique représente un avantage considérable dans le contexte actuel de changement climatique et de restrictions d’eau estivales.

Pas besoin de taille régulière

Contrairement à d’autres plantes grimpantes comme les rosiers ou les clématites, le lierre ne requiert pas de taille annuelle obligatoire. Une simple taille de contrôle tous les 2 ou 3 ans suffit pour maintenir son développement dans les limites souhaitées. Cette opération peut être réalisée à n’importe quelle saison, bien que la fin de l’hiver soit souvent privilégiée.

Jean Martin, jardinier amateur depuis 30 ans à Bordeaux, témoigne : « J’ai planté du lierre le long de mon grillage il y a 15 ans. Je le taille tous les deux ans, en février, et c’est tout. Le reste du temps, je profite simplement de sa verdure sans m’en préoccuper. »

Une résistance naturelle aux maladies et parasites

Le lierre est remarquablement peu sujet aux maladies et attaques de parasites. Cette robustesse naturelle dispense le jardinier des traitements phytosanitaires, ce qui représente un gain de temps et d’argent, tout en préservant l’environnement.

Les multiples bénéfices écologiques du lierre

Au-delà de ses qualités esthétiques et pratiques, le lierre joue un rôle écologique important dans nos jardins et contribue activement à la biodiversité locale.

Un refuge pour la faune

Le feuillage dense du lierre offre un abri précieux à de nombreux oiseaux qui y établissent leur nid. Merles, rouges-gorges et troglodytes mignons sont particulièrement friands de ces cachettes sécurisées. Les insectes auxiliaires, comme les coccinelles et les chrysopes, y trouvent refuge pendant l’hiver.

Une source de nourriture en période de disette

La floraison tardive du lierre, en septembre-octobre, fournit nectar et pollen aux abeilles et autres pollinisateurs à une période où les ressources alimentaires se raréfient. Ses baies noires, qui apparaissent en fin d’hiver, constituent une réserve de nourriture essentielle pour de nombreux oiseaux.

  • Floraison : septembre à novembre
  • Pollinisateurs attirés : abeilles, bourdons, syrphes, papillons
  • Fructification : février à avril
  • Oiseaux consommateurs de baies : merles, grives, fauvettes

Un climatiseur naturel

Grâce au phénomène d’évapotranspiration, le lierre contribue à rafraîchir l’atmosphère en été. Lorsqu’il recouvre un mur exposé au sud, il peut réduire la température de la paroi de plusieurs degrés, améliorant ainsi le confort thermique de l’habitation adjacente.

Une étude menée par l’Université de Reading au Royaume-Uni a démontré qu’un mur couvert de lierre pouvait être jusqu’à 6°C plus frais en été qu’un mur nu exposé au soleil.

Comment installer et guider le lierre sur une clôture

Malgré sa réputation de plante facile, quelques précautions lors de la plantation et des premières années garantiront un développement optimal du lierre.

Le choix des plants et la période de plantation

Pour obtenir rapidement un effet couvrant, privilégiez des plants déjà bien développés en conteneurs de 2 à 3 litres. Prévoyez un espacement de 1 à 1,5 mètre entre chaque pied. La meilleure période de plantation s’étend de septembre à novembre, ce qui permet aux plants de développer leur système racinaire avant les chaleurs estivales.

La préparation du sol

Bien que peu exigeant, le lierre appréciera un sol enrichi en matière organique lors de la plantation. Creusez un trou deux fois plus large que la motte et incorporez du compost bien décomposé à la terre de remblai. Un paillage de 5 à 10 cm d’épaisseur limitera l’évaporation et la concurrence des mauvaises herbes pendant la phase d’installation.

  1. Creuser un trou de 30×30 cm
  2. Mélanger la terre extraite avec 30% de compost
  3. Placer le plant au niveau du sol
  4. Reboucher et tasser légèrement
  5. Arroser abondamment
  6. Pailler sur 5 à 10 cm d’épaisseur

Le guidage initial

Contrairement aux idées reçues, le lierre ne s’accroche pas immédiatement à tous les supports. Sur un grillage ou une clôture métallique, il peut avoir besoin d’être guidé au départ. Attachez les tiges principales horizontalement le long de la clôture à l’aide de liens souples ou de raphia. Une fois que les crampons (petites racines aériennes) auront adhéré au support, la plante poursuivra son ascension de façon autonome.

Pierre Dubois, horticulteur spécialisé dans les plantes grimpantes, conseille : « Durant la première année, prenez le temps de diriger les tiges principales. C’est un petit investissement en temps qui sera largement récompensé par la suite. »

Les meilleures variétés de lierre pour habiller une clôture

Le genre Hedera compte plusieurs espèces et des centaines de cultivars qui diffèrent par la taille, la forme et la couleur de leurs feuilles. Certaines variétés sont particulièrement adaptées pour couvrir une clôture.

Hedera helix ‘Hibernica’ : le plus rapide

Aussi appelé lierre d’Irlande, ce cultivar se distingue par sa croissance particulièrement vigoureuse et ses grandes feuilles vert foncé. C’est le choix idéal pour couvrir rapidement une grande surface. Il peut atteindre 4 mètres de hauteur et s’étendre sur plusieurs mètres de largeur.

Hedera helix ‘Goldheart’ : pour apporter de la lumière

Cette variété panachée présente des feuilles vertes marquées d’une large tache jaune doré au centre. Elle apporte une touche de luminosité aux zones ombragées et crée un contraste saisissant sur les clôtures sombres. Sa croissance est légèrement moins rapide que celle du lierre commun.

Hedera colchica ‘Sulphur Heart’ : pour les grandes surfaces

Avec ses feuilles particulièrement grandes (jusqu’à 15 cm), ce lierre du Caucase à panachure jaune crée un effet spectaculaire. Sa croissance vigoureuse et sa résistance au froid en font un excellent choix pour les régions au climat rigoureux.

VariétéTaille des feuillesCouleurVitesse de croissance
Hedera helix ‘Hibernica’Moyenne à grandeVert foncéTrès rapide
Hedera helix ‘Goldheart’MoyenneVert à cœur jauneMoyenne
Hedera colchica ‘Sulphur Heart’Très grandeVert marginé de jauneRapide

Idées d’associations avec d’autres plantes

Pour créer un décor plus varié et étaler les périodes d’intérêt, le lierre peut être associé à d’autres plantes grimpantes aux caractéristiques complémentaires.

Avec des grimpantes à floraison estivale

Le feuillage persistant du lierre constitue un excellent fond pour mettre en valeur des plantes à floraison spectaculaire comme le jasmin étoilé (Trachelospermum jasminoides) ou les clématites à grandes fleurs. Ces associations permettent de bénéficier à la fois de l’écran de verdure permanent du lierre et de l’explosion florale temporaire de ses compagnons.

Avec des grimpantes à feuillage caduc coloré

La vigne vierge (Parthenocissus quinquefolia) ou la vigne ornementale (Vitis coignetiae) offrent un feuillage flamboyant à l’automne qui contraste magnifiquement avec le vert profond du lierre. L’hiver venu, le lierre prend le relais pour maintenir un écran visuel.

François Lemaire, architecte paysagiste, suggère : « J’aime particulièrement l’association du lierre avec une glycine. La glycine offre sa cascade de fleurs au printemps et son feuillage léger en été, tandis que le lierre assure la permanence de l’écran visuel, surtout en hiver. »

Les idées reçues sur le lierre : mythes et réalités

Le lierre souffre de préjugés tenaces qu’il convient de nuancer pour apprécier pleinement cette plante aux multiples qualités.

Le lierre étouffe-t-il les arbres ?

Contrairement à une croyance répandue, le lierre n’est pas une plante parasite. Il utilise l’arbre comme simple support sans prélever sa sève. En revanche, un développement excessif peut effectivement concurrencer l’arbre pour la lumière ou alourdir sa ramure, le rendant plus vulnérable aux vents violents. Un contrôle régulier est donc recommandé sur les arbres fragiles ou âgés.

Le lierre endommage-t-il les murs ?

Sur un mur en bon état, aux joints solides, le lierre ne cause généralement pas de dégâts. Il peut même protéger la façade des intempéries et des variations de température. En revanche, sur un mur déjà fissuré ou aux joints dégradés, les crampons du lierre peuvent effectivement aggraver les dommages existants. Une vigilance particulière s’impose donc pour les bâtiments anciens ou fragilisés.

Le lierre est-il envahissant et difficile à éliminer ?

Le lierre peut effectivement devenir envahissant s’il n’est pas contrôlé. Toutefois, contrairement à certaines plantes exotiques comme la renouée du Japon, il reste maîtrisable. Pour l’éliminer définitivement d’une zone, il suffit de couper les tiges à la base et d’arracher les racines principales. Les crampons restés sur le support finiront par se dessécher et pourront être brossés ou nettoyés au jet d’eau à haute pression.

Bernard Clément, botaniste à la retraite, relativise : « Le lierre n’est pas plus envahissant que bien d’autres plantes de nos jardins. Sa mauvaise réputation vient souvent de jardins abandonnés où, faute d’entretien, il a pris le dessus. Avec une taille tous les deux ans, il reste parfaitement à sa place. »

Le lierre représente donc une solution idéale pour qui cherche à végétaliser rapidement une clôture ou un mur disgracieux sans s’imposer un entretien contraignant. Sa croissance rapide, son feuillage persistant et sa résistance aux conditions difficiles en font un allié précieux du jardinier moderne, soucieux à la fois d’esthétique et d’écologie. Loin d’être la plante envahissante et destructrice parfois décrite, le lierre, bien maîtrisé, constitue un élément structurant du jardin qui offre gîte et couvert à la faune locale tout au long de l’année.

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