Bouturage en septembre : voici les 5 plantes à multiplier maintenant pour en profiter l’an prochain

Septembre arrive avec ses matinées fraîches et ses journées encore douces, et c’est précisément cette combinaison qui en fait l’un des meilleurs moments de l’année pour bouturer.

La terre est encore chaude, les écarts de température entre le jour et la nuit favorisent l’enracinement, et les plantes commencent tout juste à ralentir leur croissance sans pour autant entrer en dormance.

Beaucoup de jardiniers attendent le printemps pour multiplier leurs végétaux, passant à côté d’une période pourtant idéale.

Septembre offre une seconde chance, une fenêtre courte mais efficace, à condition de savoir quelles plantes choisir et comment s’y prendre.

Pourquoi septembre est un mois clé pour les boutures

Le bouturage repose sur un principe simple : prélever un fragment de plante, le placer dans un substrat adapté, et attendre qu’il développe ses propres racines. Ce qui change selon les saisons, c’est la capacité de la plante à régénérer ces racines. En septembre, les végétaux ont accumulé des réserves tout au long de l’été. Leurs tiges sont aoûtées, c’est-à-dire que le bois a eu le temps de se lignifier légèrement sans être complètement dur. C’est cet état intermédiaire, ni trop tendre ni trop rigide, qui favorise la formation des racines.

La température du sol joue un rôle déterminant. En septembre, la terre conserve encore la chaleur accumulée pendant l’été, généralement autour de 15 à 18°C selon les régions. C’est une plage thermique idéale pour que les cellules végétales se divisent et donnent naissance aux premières racines. Passé octobre, le sol refroidit rapidement et ce processus ralentit considérablement.

Enfin, bouturer en septembre permet aux nouvelles plantes de s’établir progressivement avant les premiers froids, sans subir le stress thermique brutal de l’hiver. Elles entrent en dormance avec un système racinaire déjà formé, prêtes à repartir vigoureusement au printemps suivant.

Les 5 plantes à bouturer absolument en septembre

1. Le romarin (Salvia rosmarinus)

Le romarin figure parmi les plantes aromatiques les plus faciles à multiplier par bouturage en fin de saison. En septembre, ses tiges semi-aoûtées se prêtent parfaitement à cet exercice. Il suffit de prélever des tiges de l’année, d’une longueur de 10 à 15 cm, juste sous un nœud. On retire les feuilles sur les deux tiers inférieurs de la tige avant de la planter dans un mélange de sable et de terreau, à parts égales.

L’enracinement du romarin prend généralement entre 4 et 8 semaines. Pendant cette période, il faut maintenir le substrat légèrement humide sans jamais le détremper, car la pourriture des tiges est le principal risque. Placer les boutures dans un endroit lumineux mais sans soleil direct donne de meilleurs résultats. Une fois en pot, les jeunes plants peuvent passer l’hiver dans une serre froide ou un abri non chauffé avant d’être mis en place au jardin au printemps.

2. La lavande (Lavandula angustifolia)

La lavande est une autre aromatique qui se boutique très bien à cette période. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il n’est pas nécessaire d’utiliser des tiges fleuries. On privilégie au contraire les tiges végétatives, celles qui n’ont pas porté de fleurs pendant l’été, car elles concentrent davantage d’énergie pour développer des racines.

Le prélèvement se fait de la même façon que pour le romarin : une tige de 8 à 12 cm, efeuillée sur sa partie basse, plantée dans un substrat drainant. La lavande vraie (Lavandula angustifolia) est plus facile à bouturer que les lavandes hybrides comme le lavandin, qui nécessitent parfois l’utilisation d’une hormone d’enracinement pour obtenir de bons résultats.

L’avantage de bouturer la lavande en septembre plutôt qu’au printemps est que les jeunes plants disposent de tout l’automne pour s’enraciner tranquillement, sans subir la chaleur estivale qui peut les stresser avant même qu’ils soient bien établis.

3. Le fuchsia (Fuchsia spp.)

Les fuchsias sont des plantes qui craignent le gel et que beaucoup de jardiniers rentrent à l’intérieur pour l’hiver. Bouturer ses fuchsias en septembre est une excellente façon de multiplier les pieds avant la rentrée hivernale, tout en assurant une relève au cas où les pieds mères ne survivraient pas à la saison froide.

On prélève des tiges de 7 à 10 cm, juste au-dessus d’un nœud, en supprimant les boutons floraux éventuels pour que la plante concentre son énergie sur l’enracinement plutôt que sur la floraison. Le substrat doit être léger, composé idéalement d’un mélange de terreau et de perlite. L’enracinement intervient rapidement, souvent en 2 à 3 semaines dans de bonnes conditions.

Les boutures de fuchsia passent l’hiver dans un endroit lumineux et hors gel, à une température idéale autour de 8 à 10°C. Elles repartent au printemps avec vigueur et peuvent fleurir dès le mois de juin.

4. Le géranium (Pelargonium spp.)

Le géranium, ou plus précisément le Pelargonium, est probablement la plante que les jardiniers amateurs bouturent le plus en septembre. La raison est simple : ces plantes ne supportent pas le gel, et les bouturer avant de les rentrer permet de limiter l’encombrement tout en conservant les variétés préférées.

La technique est similaire aux autres plantes : des tiges de 8 à 12 cm, coupées juste sous un nœud, débarrassées de leurs feuilles inférieures et des fleurs. Une particularité du géranium est qu’il est conseillé de laisser sécher la coupe à l’air libre pendant quelques heures avant de planter la bouture, ce qui réduit le risque de pourriture.

Les géraniums s’enracinent dans un substrat très drainant, presque sec. Trop d’humidité est leur principal ennemi à ce stade. En 3 à 5 semaines, les premières racines apparaissent. Les jeunes plants passent l’hiver dans une pièce lumineuse à l’abri du gel et sont remis en place à l’extérieur après les dernières gelées printanières.

5. L’hortensia (Hydrangea macrophylla)

L’hortensia est une plante de jardin très appréciée pour ses grandes fleurs colorées. En septembre, les tiges de l’année sont suffisamment aoûtées pour être bouturées avec succès. On choisit des tiges sans fleurs, d’une longueur de 10 à 15 cm, comportant au moins deux paires de feuilles.

Les feuilles du bas sont supprimées, et les feuilles du haut peuvent être coupées en deux pour réduire l’évapotranspiration. La bouture est ensuite plantée dans un mélange de terreau et de sable, maintenu légèrement humide. Contrairement aux aromatiques, l’hortensia apprécie une atmosphère un peu plus humide autour de ses feuilles : placer un sac plastique transparent ou une bouteille coupée au-dessus de la bouture crée un mini-effet de serre qui accélère l’enracinement.

L’enracinement de l’hortensia prend 4 à 6 semaines. Les jeunes plants peuvent rester en pot dans un endroit abrité pendant l’hiver et être transplantés en pleine terre au printemps suivant. Il faut attendre généralement deux ans avant d’obtenir une floraison abondante, mais le résultat en vaut largement l’attente.

Les erreurs à éviter pour réussir ses boutures de septembre

Même avec les meilleures intentions, certaines erreurs reviennent régulièrement et compromettent la réussite des boutures. En voici les principales :

  • Utiliser des tiges trop molles ou trop ligneuses : les tiges trop jeunes pourrissent facilement, tandis que les tiges trop anciennes ont du mal à s’enraciner. La tige idéale est souple mais résiste légèrement à la pression des doigts.
  • Trop arroser : c’est la cause numéro un d’échec. Un substrat constamment détrempé entraîne la pourriture des tiges avant même que les racines aient eu le temps de se former.
  • Négliger la propreté des outils : utiliser un couteau ou des ciseaux propres et bien tranchants est indispensable. Une coupe nette limite les risques d’infection par des champignons ou des bactéries.
  • Exposer les boutures au soleil direct : sans racines, les boutures ne peuvent pas compenser les pertes en eau par évapotranspiration. Un endroit lumineux mais sans soleil direct est préférable jusqu’à l’enracinement.
  • Attendre trop longtemps avant de planter : une tige prélevée commence à se déshydrater rapidement. Il faut la planter dans les heures qui suivent le prélèvement, idéalement dans la foulée.

Le matériel indispensable pour bouturer en septembre

Inutile de s’équiper de façon sophistiquée pour réussir ses boutures. Quelques éléments de base suffisent largement :

  • Un couteau propre et bien affûté ou des ciseaux à greffer désinfectés à l’alcool
  • Des pots individuels ou des godets de petite taille, avec des trous de drainage
  • Un substrat drainant : mélange terreau et sable ou terreau et perlite
  • De la poudre ou du gel d’hormone d’enracinement, facultatif mais utile pour les espèces plus récalcitrantes
  • Des étiquettes pour identifier les variétés, surtout si l’on boutique plusieurs espèces en même temps

La poudre d’hormone d’enracinement mérite une mention particulière. Elle n’est pas indispensable pour les plantes faciles comme le géranium ou le romarin, mais elle peut faire la différence pour des espèces plus difficiles comme le lavandin ou certains arbustes. On trempe simplement la base de la bouture dans la poudre avant de la planter, en tapotant légèrement pour éliminer l’excédent.

Que faire des boutures une fois enracinées ?

Une fois que les boutures ont développé leurs racines, généralement visible lorsque de nouvelles feuilles commencent à apparaître ou que la tige résiste légèrement quand on tire doucement dessus, il est temps de les rempotter dans un substrat plus riche. Un terreau universel de bonne qualité convient parfaitement pour cette étape.

Les jeunes plants ainsi obtenus passent leur premier hiver à l’abri selon leur sensibilité au froid. Les espèces rustiques comme l’hortensia peuvent rester dehors dans un endroit abrité, tandis que les espèces frileuses comme le géranium et le fuchsia doivent être rentrées dans un endroit hors gel et lumineux.

Au printemps, après les dernières gelées, ces jeunes plants peuvent être progressivement habitués aux conditions extérieures avant d’être définitivement mis en place au jardin ou dans des jardinières. Cette phase d’acclimatation progressive, appelée durcissement, est essentielle pour éviter un choc thermique qui pourrait compromettre tout le travail accompli depuis septembre.

Bouturer en septembre demande un peu d’organisation et d’attention, mais les résultats sont souvent à la hauteur des efforts fournis. Multiplier ses plantes soi-même, c’est aussi une façon de mieux les connaître, de comprendre leur fonctionnement et de prendre soin du jardin avec plus de précision et de satisfaction.

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