Les hérissons font partie de ces animaux attachants qui élisent domicile dans nos jardins.
Quand arrive le printemps et l’été, il n’est pas rare de croiser une maman hérisson accompagnée de ses petits, appelés choupissons.
Ces adorables boules de piquants miniatures nécessitent une attention particulière, surtout si vous les découvrez seuls ou en détresse dans votre espace vert.
Savoir comment réagir face à ces situations peut faire la différence entre la vie et la mort pour ces jeunes mammifères insectivores.
La période de reproduction des hérissons s’étend généralement de mai à septembre, avec un pic d’activité entre juin et juillet. Une femelle peut donner naissance à une portée de 3 à 7 petits après une gestation d’environ 35 jours. Les nouveau-nés naissent aveugles, sourds et avec des piquants blancs et mous qui durcissent progressivement.
1. Identifier un choupisson en détresse
Avant toute intervention, il faut savoir reconnaître un bébé hérisson qui a réellement besoin d’aide. Un choupisson en bonne santé reste généralement près de sa mère ou dans le nid familial. Plusieurs signes doivent vous alerter :
- Un jeune hérisson trouvé seul en pleine journée
- Un choupisson qui semble faible, qui titube ou reste immobile
- Des cris aigus répétés (les petits appellent leur mère)
- Un animal visiblement blessé ou présentant des parasites externes
- Un jeune hérisson trouvé près d’une mère décédée
Les choupissons ouvrent les yeux vers l’âge de 14-18 jours et commencent à sortir du nid vers 3-4 semaines. Si vous observez un jeune hérisson qui semble perdu, attendez quelques heures avant d’intervenir. La mère peut être partie chasser et reviendra chercher son petit.
2. Créer un environnement sécurisé temporaire
Si vous devez recueillir un choupisson, la première étape consiste à lui offrir un abri sûr et chaud. Préparez une boîte en carton de taille moyenne avec des parois d’au moins 20 cm de hauteur pour éviter les fuites.
Tapissez le fond avec du papier journal ou des serviettes en papier, jamais de tissu dont les fils pourraient s’accrocher aux piquants. Placez une bouillotte tiède enveloppée dans une serviette dans un coin de la boîte. La température doit avoisiner les 35°C pour un nouveau-né.
Positionnez la boîte dans un endroit calme, à l’abri des courants d’air et du bruit. Les bébés hérissons sont très sensibles au stress et aux variations de température. Évitez absolument l’exposition directe au soleil ou près d’un radiateur.
3. L’alimentation des choupissons orphelins
L’alimentation représente l’aspect le plus délicat du sauvetage d’un choupisson. Les jeunes hérissons de moins de 3-4 semaines ont besoin de lait maternel ou d’un substitut approprié.
Pour les très jeunes choupissons (moins de 3 semaines)
Utilisez du lait maternisé pour chatons, disponible en pharmacie ou chez le vétérinaire. Diluez-le légèrement car il est souvent trop riche. La température du lait doit être tiède, testée sur votre poignet comme pour un biberon de bébé.
Nourrissez le petit toutes les 2-3 heures, y compris la nuit, avec une seringue sans aiguille ou un compte-gouttes. Donnez quelques gouttes à la fois en plaçant délicatement l’embout près de la bouche. Ne forcez jamais l’animal à boire.
Pour les choupissons plus âgés (3-6 semaines)
Commencez la transition vers une alimentation solide en proposant de la pâtée pour chatons de haute qualité, légèrement diluée avec de l’eau tiède. Ajoutez progressivement des insectes : vers de farine, grillons ou croquettes pour hérissons trempées.
4. Maintenir une hygiène irréprochable
Les choupissons sont particulièrement vulnérables aux infections. Changez la litière de la boîte quotidiennement et nettoyez-la avec un désinfectant doux. Lavez-vous soigneusement les mains avant et après chaque manipulation.
Après chaque repas, stimulez délicatement la région génitale et anale du petit avec un coton-tige humide et tiède pour l’aider à faire ses besoins. Cette stimulation remplace le léchage maternel et reste nécessaire jusqu’à l’âge de 3-4 semaines.
Surveillez l’état général du bébé hérisson : ses selles doivent être formées et de couleur brune. Des diarrhées ou une constipation nécessitent une consultation vétérinaire urgente.
5. Favoriser le développement naturel
Un choupisson en captivité doit conserver ses instincts sauvages pour pouvoir être relâché. Limitez les interactions au strict minimum : nourrissage, nettoyage et soins médicaux si nécessaire.
Vers l’âge de 4-5 semaines, enrichissez l’environnement avec des feuilles mortes, des branches et de petites cachettes. Ces éléments naturels stimulent les comportements d’exploration et de fouille typiques de l’espèce.
Introduisez progressivement des proies vivantes comme des vers de terre ou des escargots pour développer les techniques de chasse. Cette étape s’avère cruciale pour la survie future du jeune animal.
6. Préparer la remise en liberté
La réintroduction d’un choupisson dans son milieu naturel demande une préparation minutieuse. L’animal doit peser au minimum 450-500 grammes et montrer des comportements de chasse efficaces.
Quelques semaines avant le relâcher, transférez le jeune hérisson dans un enclos extérieur sécurisé de votre jardin. Cette transition permet une acclimatation progressive aux conditions naturelles : température, bruits, odeurs.
Choisissez une période favorable, idéalement en fin d’été ou début d’automne, quand les insectes sont encore abondants. Évitez les périodes de gel ou de forte pluie qui compliqueraient la recherche de nourriture.
Le processus de relâcher
Effectuez la libération au crépuscule dans un endroit calme de votre jardin, riche en végétation et en cachettes naturelles. Laissez la boîte de transport ouverte pendant quelques jours avec un peu de nourriture à proximité.
Continuez à proposer un complément alimentaire pendant une à deux semaines pour faciliter la transition. Réduisez progressivement les quantités jusqu’à l’arrêt complet.
7. Quand faire appel à un professionnel
Certaines situations dépassent les compétences d’un particulier et nécessitent l’intervention d’un spécialiste. Contactez immédiatement un vétérinaire ou un centre de soins pour la faune sauvage dans ces cas :
- Blessures visibles ou suspicion de fracture
- Refus de s’alimenter pendant plus de 24 heures
- Diarrhées persistantes ou vomissements
- Comportement anormal ou léthargie excessive
- Présence massive de parasites externes
- Difficultés respiratoires ou écoulements nasaux
En France, plusieurs associations spécialisées comme l’ASPAS (Association pour la Protection des Animaux Sauvages) ou la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux) peuvent vous conseiller ou prendre en charge l’animal.
Prévention et aménagement du jardin
Pour éviter de vous retrouver face à des choupissons orphelins, aménagez votre jardin de manière à favoriser la présence des hérissons adultes tout en limitant les dangers :
- Créez des passages dans les clôtures (trous de 13×13 cm minimum)
- Installez des abris naturels : tas de bois, feuilles mortes, compost
- Évitez l’usage de pesticides et d’anti-limaces chimiques
- Vérifiez les tas de compost avant de les retourner
- Sécurisez les points d’eau (bassins, piscines) avec des rampes de sortie
- Tondez les hautes herbes avec précaution
Un jardin accueillant pour les hérissons contribue naturellement à la régulation des populations de limaces, escargots et autres nuisibles. Ces mammifères insectivores consomment jusqu’à 70 grammes d’invertébrés par nuit, ce qui en fait des alliés précieux du jardinier.
Sauver un choupisson représente un engagement sur plusieurs semaines qui demande patience, connaissances et disponibilité. La récompense reste immense quand on voit le jeune animal reprendre sa liberté et contribuer à la biodiversité de nos jardins. Chaque geste compte pour préserver ces attachants mammifères dont les populations déclinent dans de nombreuses régions.
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- 1. Identifier un choupisson en détresse
- 2. Créer un environnement sécurisé temporaire
- 3. L’alimentation des choupissons orphelins
- Pour les très jeunes choupissons (moins de 3 semaines)
- Pour les choupissons plus âgés (3-6 semaines)
- 4. Maintenir une hygiène irréprochable
- 5. Favoriser le développement naturel
- 6. Préparer la remise en liberté
- Le processus de relâcher
- 7. Quand faire appel à un professionnel
- Prévention et aménagement du jardin
