Qui n’a pas grandi avec les films Disney?
Ces histoires enchantées ont bercé notre enfance, nous faisant rêver de princes charmants, de châteaux et de fins heureuses.
Mais derrière la magie et les paillettes se cachent souvent des récits originaux bien plus sinistres.
La célèbre firme aux grandes oreilles a considérablement édulcoré ces contes pour les rendre accessibles aux plus jeunes.
Plongée dans les coulisses de cinq classiques Disney dont les véritables histoires pourraient vous donner des frissons.
Raiponce : une histoire de châtiment et de cécité
En 2010, Disney nous présentait l’histoire de Raiponce, une princesse aux cheveux magiques enfermée dans une tour par une mère adoptive malveillante. Le film se termine par une réunion touchante avec ses vrais parents et un mariage avec Flynn Rider. Mais le conte original est loin d’être aussi joyeux.
Dans la version des frères Grimm, une sorcière nommée Dame Gothel prend le bébé Raiponce comme paiement après que le père de l’enfant ait volé des légumes dans son jardin. La petite fille grandit isolée dans une tour sans escalier, où seule la sorcière peut monter en grimpant le long de ses cheveux.
Lorsqu’un prince découvre Raiponce et commence à lui rendre visite régulièrement, Dame Gothel, furieuse de cette trahison, coupe brutalement les cheveux de la jeune fille et l’exile dans un désert lointain. Le prince, désespéré de retrouver sa bien-aimée, saute du haut de la tour et se crève les yeux en tombant dans des ronces.
Après des années d’errance et de souffrance, les amants finissent par se retrouver. Les larmes de Raiponce tombent sur les yeux du prince, lui rendant miraculeusement la vue. Cette fin, bien que heureuse, arrive après bien des tourments que Disney a préféré épargner à son jeune public.
Pinocchio : un pantin meurtrier au destin tragique
Le Pinocchio de Disney (1940) est un petit pantin naïf qui apprend progressivement à faire les bons choix. Guidé par Jiminy Cricket, sa conscience, il finit par devenir un vrai petit garçon grâce à son courage et sa bonté.
Mais dans « Les Aventures de Pinocchio » de Carlo Collodi, le personnage original est loin d’être aussi attachant. Décrit comme désobéissant et ingrat, ce Pinocchio est un véritable cancre qui préfère l’école buissonnière aux leçons.
L’un des aspects les plus choquants de l’histoire originale concerne Jiminy Cricket. Loin d’être l’ami bienveillant que nous connaissons, il agace tellement Pinocchio que ce dernier l’écrase avec un marteau, le tuant sur le coup. Une scène que Disney s’est bien gardé de reproduire!
Plus surprenant encore, Collodi avait initialement prévu une fin tragique pour son personnage : Pinocchio devait mourir pendu pour ses nombreuses fautes. Ce n’est que sous la pression de son éditeur, qui trouvait cette conclusion trop brutale pour un livre destiné aux enfants, que l’auteur a finalement ressuscité le pantin pour lui offrir une rédemption.
Winnie l’Ourson : des troubles mentaux cachés sous le miel
Les aventures de Winnie l’Ourson et ses amis dans la Forêt des Rêves Bleus semblent être les histoires les plus innocentes du répertoire Disney. Pourtant, derrière ces récits enfantins se cache une interprétation psychologique fascinante.
L’histoire de Winnie est inspirée d’un ours bien réel du zoo de Londres et du fils de l’auteur, Christopher Robin Milne. Mais ce que beaucoup ignorent, c’est que les personnages de ces histoires peuvent être vus comme des représentations de divers troubles mentaux.
Winnie l’Ourson, obsédé par le miel et incapable de se concentrer longtemps, pourrait symboliser un trouble de l’attention. Porcinet, toujours craintif et anticipant le pire, incarnerait l’anxiété sociale. Tigrou, incapable de tenir en place et bondissant sans cesse, représenterait l’hyperactivité. Quant à Bourriquet, avec son pessimisme constant et son manque d’énergie, il serait l’incarnation parfaite de la dépression.
Dans cette lecture, Christopher Robin apparaît comme un enfant utilisant son imagination débordante pour créer ces personnages, chacun exprimant une facette de ses propres émotions ou troubles. Une interprétation qui donne une profondeur inattendue à ces histoires apparemment simples.
Blanche-Neige : danse macabre et réveil sans baiser
Blanche-Neige et les Sept Nains, premier long-métrage d’animation de Disney sorti en 1937, est considéré comme un chef-d’œuvre du cinéma. L’histoire de cette princesse persécutée par sa belle-mère jalouse, sauvée par un baiser d’amour véritable, a enchanté des générations d’enfants.
Mais le conte original des frères Grimm, publié en 1812, est bien plus sombre. Après avoir mangé la pomme empoisonnée, Blanche-Neige tombe dans un sommeil qui ressemble à la mort. Les nains, ne pouvant se résoudre à l’enterrer, placent son corps dans un cercueil de verre.
Contrairement à la version Disney, ce n’est pas un baiser qui réveille la princesse. Un jour, un prince passant par là tombe amoureux de la belle endormie et convainc les nains de lui donner le cercueil. Pendant le transport, ses serviteurs trébuchent, secouant violemment le cercueil. Ce mouvement brusque déloge le morceau de pomme empoisonnée de la gorge de Blanche-Neige, la ramenant à la vie. Un réveil bien moins romantique!
Quant à la méchante reine, sa fin est particulièrement cruelle dans le conte original. Invitée au mariage de Blanche-Neige, elle est forcée de chausser des souliers de fer chauffés à blanc et de danser jusqu’à ce que mort s’ensuive. Une punition que Disney a préféré remplacer par une chute dans un précipice, déjà suffisamment effrayante pour les jeunes spectateurs.
Pocahontas : la vérité derrière la romance idéalisée
En 1995, Disney nous racontait l’histoire romantique de Pocahontas, une princesse amérindienne tombant amoureuse du colon anglais John Smith. Cette histoire d’amour interculturelle, bien que touchante, est en réalité très éloignée de la vérité historique.
La véritable Pocahontas, née vers 1595, s’appelait en réalité Matoaka. « Pocahontas » était un surnom signifiant « petite coquine » ou « enfant gâtée ». Contrairement à ce que montre le film, elle n’était qu’une enfant d’environ 12 ans lorsqu’elle a rencontré John Smith, qui en avait près de 30. La romance dépeinte par Disney n’a donc probablement jamais existé.
Le destin de la véritable Pocahontas est bien plus tragique. Capturée par les colons anglais alors qu’elle n’était encore qu’une adolescente, elle a été détenue en otage pendant plus d’un an. Durant sa captivité, elle a été convertie au christianisme et a pris le nom de Rebecca.
Son mariage avec le colon John Rolfe en 1614 n’était pas le fruit d’un amour passionné comme pourrait le suggérer un film Disney, mais plutôt un arrangement politique qui a permis sa libération et a temporairement apaisé les tensions entre les colons et les Amérindiens.
Emmenée en Angleterre comme « princesse indienne » pour servir la propagande coloniale, Pocahontas est morte prématurément à l’âge de 21 ans, alors qu’elle s’apprêtait à rentrer en Virginie. Les circonstances exactes de sa mort restent mystérieuses, certains historiens évoquant même la possibilité d’un empoisonnement, bien que cette théorie ne soit pas confirmée.
La magie Disney : transformer l’horreur en émerveillement
Ces histoires originales, souvent violentes et tragiques, ont été habilement transformées par les studios Disney en contes de fées accessibles aux enfants. Cette métamorphose n’est pas simplement une censure, mais un véritable travail d’adaptation qui préserve l’essence des récits tout en les rendant plus lumineux.
Si les frères Grimm, Carlo Collodi et autres conteurs utilisaient souvent la peur et les punitions sévères comme outils pédagogiques pour enseigner la morale aux enfants de leur époque, Disney a choisi une approche différente, plus adaptée à la sensibilité moderne.
En adoucissant ces récits, Disney a créé un univers où le bien triomphe toujours du mal, où l’amour et l’amitié sont les forces les plus puissantes, et où chacun peut trouver sa place dans le monde. Cette vision optimiste, bien qu’éloignée des textes originaux, a apporté joie et espoir à des générations d’enfants depuis près d’un siècle.
Connaître les origines sombres de ces histoires ne diminue en rien la magie des films Disney. Au contraire, cela nous permet d’apprécier davantage le chemin parcouru par ces récits à travers les âges et les cultures, ainsi que le talent des conteurs qui ont su les faire évoluer pour qu’ils continuent à résonner avec leur public.
La prochaine fois que vous regarderez un classique Disney avec des enfants, peut-être apprécierez-vous d’autant plus ces moments de bonheur partagé, en sachant quelles ténèbres ont été transformées en lumière pour créer ces instants de magie.
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- Raiponce : une histoire de châtiment et de cécité
- Pinocchio : un pantin meurtrier au destin tragique
- Winnie l’Ourson : des troubles mentaux cachés sous le miel
- Blanche-Neige : danse macabre et réveil sans baiser
- Pocahontas : la vérité derrière la romance idéalisée
- La magie Disney : transformer l’horreur en émerveillement
